Avatar : Bouleversement numérique

James Cameron clôture une décennie par son œuvre titanesque, révolutionnant son art par ses prouesses technologiques tout en n’oubliant pas d’émerveiller ceux qui sont venus assister à son bouleversement cinématographique. Ce grand nom de la science-fiction, qui n’avait plus rien à prouver après Alien, Terminator ou Abyss, va finalement aller encore plus loin avec la création de ce nouveau monde habité par ces grandes créatures humanoïdes bleues appelées les Na’vi.

Avatar sera beaucoup plus qu’un simple blockbuster venant remplir les poches d’Hollywood,  d’une part grâce à sa révolution technologique. En effet, ce film est le premier à être filmé en 3D. Cette façon particulière de tourner un métrage va se rapprocher de son support voisin : le jeu vidéo. Les acteurs seront équipés de capteurs pouvant enregistrer leurs moindres mouvements et expressions grâce à la motion capture. Mais James Cameron va aller encore plus loin en développant avec le producteur Vince Pace la Fusion Camera, un simulateur de caméra virtuelle permettant d’avoir le contrôle total sur l’éclairage ainsi que sur les objets en temps réel : une avancée technologique pratique pour le réalisateur ainsi que pour les acteurs qui n’auront plus à attendre le rendu des VFX pour avoir le résultat de leurs formes modifiées.

Le monde du jeu vidéo ne va pas s’arrêter devant les frontières de la conception technologique du film, car il va aussi s’insérer dans le fond du récit. En effet, notre monde est représenté comme une dystopie accompagnée par l’exposition du personnage principal Jake Sully (Sam Worthington) dépourvu de l’usage de ses jambes. Il va alors, tel un joueur de jeux vidéo, emprunter un Avatar afin de progresser dans un nouveau monde prenant place sur la planète Pandora ; un corps qu’il va littéralement emprunter, lui offrant une nouvelle vie. Tout comme dans Ready Player One nous allons fuir notre monde dystopique en nous évadant à travers un personnage de fiction pour pouvoir s’émerveiller à nouveau.

Avatar aura des thématiques qui iront au-delà de l’apparence virtuelle par ces messages abordés autour de la nature. La planète Pandora nous renvoie à un environnement peuplé d’arbres et de créatures de toutes sortes illuminés par des lumières scintillantes véhiculant une aura spirituelle afin de nous reconnecter à l’environnement que nous détruisons. Cela se traduira entre autres par ce lien organique qui se matérialise à travers le Shahaylu unissant l’Homme et la nature. Ce sera aux côtés de l’Avatar de Jake Sully que nous allons donc découvrir ce monde merveilleux. Un être humain qui va apprendre à respecter son environnement grâce à Neytiri (Zoe Saldana), une Na’vi qui lui enseignera la culture de son peuple fondée sur les valeurs de la nature.

La mission de Jake Sully est de s’infiltrer dans la tribu Na’vi afin de gagner leur confiance pour pouvoir les convaincre de quitter leur terre qui couvre en ses racines des ressources d’une valeur inestimable. L’Homme, assoiffé de richesse, sera prêt à tout pour récupérer ces matériaux. Il n’hésitera pas à provoquer la déforestation de ce nouvel habitat afin de pouvoir obtenir ces pierres précieuses en passant par la colonisation de ce nouveau monde. Des thématiques qui résonnent à travers l’Histoire de notre humanité par ces américains capitalistes incarnés par le cliché du financier Parker Selfridge (Giovanni Ribisi) ainsi que par la figure militaire incarnée par Stephen Lang.

Le scénario d’Avatar repose sur un récit classique entre la colonisation traitée auparavant dans Pocahontas ou l’apprentissage d’une culture étrangère autour d’un axe spirituel, dans un contexte de guerre présenté dans Le dernier samouraï. De plus, son intrigue est crédibilisée par la dramaturgie autour de la mission de Jake Sully portant son fardeau qui flirte entre la trahison et la confiance. Cependant ce qui restera dans nos mémoires sera la claque visuelle offerte par James Cameron. La mise en scène de son spectacle grandiose et avant-gardiste aura de quoi marquer le cinéma accompagné par un scénario solide malgré sa simplicité. Une œuvre qui deviendra le plus grand succès du box-office de toute l’Histoire du cinéma avoisinant les trois milliards de dollars récoltés. Avatar sera également récompensé, sans surprise par l’Oscar de la meilleure direction artistique, de la meilleure photographie ainsi que par l’Oscar des meilleurs effets visuels. Un Space Opera qui est devenu très rapidement un classique de son art traversant le temps sans prendre aucune ride amplifiant sa légende sur le retour de l’univers des Na’vi en 2022, soit treize après le premier opus…

2 Rétroliens / Pings

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