Wonder Woman 1984 : Nos vœux sont exaucés !

L’espoir est symbolisé chez Zack Snyder par Kal-El, son homme de Fer qui se nommera populairement Superman. Mais en 2020, année covidée, l’espoir réside en Wonder Woman. Que ce soit pour la Warner Bros qui a capitalisé sur le second opus dirigé par Patty Jenkins pour équilibrer les comptes après que le Tenet de Christopher Nolan n’a pas réagi en tant que messie. Mais surtout pour les fans et les cinéphiles qui sont privés de séances de cinéma depuis quelques mois.
Wonder Woman 1984 a été maintes fois repoussé courant l’année 2020 entre une sortie début de l’été, puis à l’automne pour enfin trouver une solution bouleversante. Si un peu de la presse spécialisée a eu le privilège de découvrir le film devant sortir le 30 décembre 2020 en salles avant une nouvelle fermeture des salles de spectacles, le film a trouvé une porte de sortie grâce à HBO Max. À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle pour la Warner Bros et DC Comics qui profitent du lancement de son réseau de SVOD uniquement sur le territoire américain pour diffuser le film pendant un mois seulement. Un fait pour soutenir le film en parallèle d’une sortie limitée en salles de cinéma potentiellement ouvertes. Warner Bros réfléchit dorénavant à poursuivre ce procédé révolutionnaire pour appuyer son système de distribution et amortir les potentiels flops. Wonder Woman 1984 est le premier spécimen filmique profitant de cette distribution parallèle, de cette consommation bien plus économique pour une famille modeste.

Le long-métrage, de nouveau réalisé par Patty Jenkins, est donc sorti aux US le 25 décembre 2020 sur HBO Max. En France, le film trouve son chemin directement en vidéo le 7 avril 2021.
Comme son titre l’indique, les péripéties de l’amazone se déroulent au cœur de la décennie où tout était possible. Loin des tranchées de la guerre 14-18, Wonder Woman est à l’image d’un Connor McLeod (Highlander avec Christophe Lambert), jeune et belle traversant les âges et se faisant discrète. Mais elle continue à jouer la justicière comme soulignée dans l’introduction du personnage dans le centre commercial. Une mise en bouche rappelant les faits de gloire des héros 80′ combattant de simples braqueurs. Un clin d’oeil bienvenu de la part de Patty Jenkins et Geoff Johns aux manettes du scénario qui s’appuient sur les gloires passées du Superman de Richard Donner ou du SuperGirl de Jeannot Swarc. Ce dernier n’était pas une grande réussite (nous lui portons tout de même un attachement certain), mais reste un souvenir délectable de cette époque où les super-héros commençaient à revêtir leurs plus belles capes sur grand écran. Ainsi, Wonder Woman leur rend hommage pour sa première partie instaurant des personnages loosers tels que Max Lord, magnat sans le sou citant allégrement Lex Luthor façon Gene Hackman, quand la Dr Barbara Minerva, incarnée avec beaucoup de charme par Kristen Wiig, cite volontiers Bianca (acolyte de Faye Dunaway dans Supergirl) ou Otis, comparse de Lex Luthor dans le Superman de 1979. 

Wonder Woman ne va donc pas faire face à une grosse adversité. Les deux antagonistes sont le produit d’une société vampirique aspirant à la beauté et à la réussite. Ce que véhicule malgré elle Diana Prince attirant les regards et la convoitise de sa collègue Barbara Minerva, qui aspire à lui ressembler. C’est le souhait fait auprès de cette étrange pierre qui attire la convoitise de Max Lord qui va détraquer le monde pour sa propre gloire. Wonder Woman est ainsi plongé dans un chaos infernal perdant sa force en échange de son plus grand amour. Justification faite du retour de Steve Trevor qui reprend son rôle de Wonder Boy venant conclure l’histoire d’amour tragique avec Diana Prince. Une romance pudique et finement écrite se prolongeant sur deux films à l’image de Clark/Superman/Loïs Lane chez Richard Donner ou Peter Parker/Spider-Man/M.J Watson chez Sam Raimi. La preuve par trois que les histoires tragiques des super-héros trouvent un bel écho au cinéma quand l’adaptation est respectée.

Wonder Woman 1984 est une nouvelle réussite à la hauteur de son aîné. Bien moins sombre et profitant savamment du ton de son époque, entre liberté, consommation et guerre froide, ce second opus voit évoluer son héroïne en tant que femme et héroïne. Pleurant depuis des années son amour funeste, Diana Prince réussit enfin à faire son deuil pour s’accepter en tant que «super». Elle est également la femme ouverte sur son monde, elle qui traverse les âges seule repliée sur ses souvenirs et les guerres à mener. Gal Gadot, belle à en mourir, trouve un beau rôle de femme en tant que Diana Prince, loin de la caricature de la femme en collant lançant son fouet doré. Preuve en est de la présence économisée de Wonder Woman et ses exploits à l’écran pour laisser champ libre à Diana Prince et sa recherche de la pierre. Loin du superficiel film féministe, WW1984 est avant tout un divertissement avec une femme au premier plan la mettant savamment en valeur, Gal Gadot portant le film avec un charme, mais surtout un charisme, à se damner. Un vœu à ne surtout pas se souhaiter, preuve avec ce film où les dettes peuvent être terribles.

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  1. Édito – Semaine 14 -

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