Daniel Boone, l’Invincible Trappeur : La Bonne Pschitt Aventure !

Nouveau titre venant garnir sa collection « Les Classiques » section Western-Aventure, Artus Films déniche une pépite au charme désuet et dans une qualité d’une médiocrité à faire pâlir une VHS. Pelloche tombée dans le domaine public, cette aventure de « Dany » Boone est en soi intéressante de par la découverte d’un héros purement américain ayant aidé à bâtir l’Amérique moderne en faisant la guerre (pour le compte des Français) contre les Amérindiens (les Anglais en somme) pour conquérir le Kentucky à la fin du 19e siècle et entré dans la légende comme l’un des grands héros de l’histoire américaine.

Daniel Boone a, depuis ses véritables exploits et son parcours politique, nourri la culture américaine entre le récit de ses aventures par différents livres et ses mises en scène au cinéma et à la télévision où il est devenu une icône pour nombre d’enfants en quête d’aventures et de bravoures. Daniel Boone peut se situer entre le cowboy à la James Stewart et à l’aventurier à la queue de loutre cher à Disney, Davy Crockett. Justement, l’acteur incarnant ce dernier dans la célèbre série Tv pour le studio dans le milieu des années 1950, Fess Parker, a incarné Daniel Boone dans la série Tv comptant six saisons en 1964 et 1970. La dernière incursion du héros dans un programme, le personnage laissant plutôt place à des figures plus contemporaines et urbaines.
Daniel Boone reste tout de même une icône de l’histoire américaine dont les aventures, dans l’esprit des écrits de Fenimore Cooper, ont conquis le cœur de plusieurs générations dans différents pays, tant la dernière série a été de multiples fois diffusées. Justement, l’humoriste Dany Boon doit son pseudonyme à ce héros admiré toute son enfance. 

Disponible en DVD depuis le 1er décembre 2020, Artus Films permet d’éclaircir les idées autour d’un héros aujourd’hui méconnu. Daniel Boone L’Invincible Trappeur se déroule vers la fin du 18e siècle, un groupe de pionniers s’installe dans le Kentucky avec le soutien du célèbre trappeur Daniel Boone. Cette intrusion suscite la colère des Indiens Shawnees, mal conseillés par un anglais vindicatif qui déteste Boone. Le trappeur qui entretient de longue date des liens amicaux avec Black Fish le grand chef Shawnee va tenter de mettre un terme aux massacres des colons.
Produit par Albert C.Gannaway qui assure également la réalisation en compagnie d’Ismaël Rodriguez, Daniel Boone se révèle être un produit d’exploitation pour la Republic, studio d’époque ayant à son actif énormément de programmes permettant les « Double Feature » dont raffolaient les Américains. Daniel Boone a sûrement été exploité dans ce sens, film d’aventure dont la qualité ne laisse jamais la possibilité de ressentir le bon air et le soleil dont la technique du TruColor essayait de retranscrire. Une technique catastrophique créée pour concurrencer les Technicolor et compagnie, chaque studio essayant de tirer son épingle du jeu pour attirer le chaland en salles. Mais rien n’y fait avec des couleurs baveuses et une image instable formidablement retranscrite avec ce DVD. 

Le film pour sa part décontenance par une personnalité multiple. Une séquence musicale façon Vincente Minelli se télescope avec des attaques indiennes brouillonnes et violentes, notamment la découverte du corps du fils Boone torturé et scalpé plein cadre.
Une violence que l’on retrouve lors des affrontements pour l’attaque du convoi ou dans le final autour du fort. L’Invincible Trappeur est un étrange film véhiculant les bonnes mœurs américaines et prônant la violence pour en sauvegarder les valeurs d’une nation naissante. Face au film, on peine à s’attacher au héros caricatural dont l’héroïsme statique n’a rien de flamboyant. Bruce Bennett incarne avec fierté Daniel Boone, acteur mort centenaire en 2006 à la carrière fournie. Un acteur chevronné entre films Noirs, films de Guerre et western par dizaine qui aura incarné un Tarzan adoubé par Edgar Rice Burroughs lui-même. Il était même pressenti pour voler le rôle à Johnny Weismuller avant que le célèbre nageur s’impose en tant qu’icône hurlant de liane en liane en compagnie de Cheetah. 

Daniel Boone, L’Invincible Trappeur se révèle donc être une trouvaille surprenante par sa violence sèche et sa posture de film d’aventure romantique. Un film schizophrène dû sûrement par les attentes de son producteur/réalisateur ayant délégué l’orchestration de quelques séquences fortes, une double personnalité qui se justifie donc au cœur d’un film d’aventure qui mériterait un bon coup de poliche pour une meilleure appréciation globale.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*