Désenchantée – Saison 3 : Un royaume en danger

Les deux précédentes saisons de Désenchantée avaient beau ne pas avoir répondu totalement à nos attentes, les intrigues dessinées dans la seconde saison et son final nous ont rapidement fait revenir à ce royaume enchanté haut en couleur où Bean, princesse alcoolique et mal dans sa peau, doit aller vers sa destinée. Disponible depuis le 15 janvier dernier sur Netflix, la saison 3 avait plusieurs cordes à son arc narratif à tirer : le retour de la reine Dagmar, le destin que le trio formé par Bean, Elfo et Luci a à accomplir, la blessure du roi Zog et les complots de ses conseillers pour prendre le pouvoir et la découverte du royaume de Steamland qui menace Dreamland.

Nous avons donc, en substance, tous les ingrédients nécessaires afin que Désenchantée puisse enfin prendre son envol et embrasser sa nature sous-jacente de récit épique d’heroic fantasy. Manque de chance, les scénaristes restent toujours le cul coincé entre deux chaises quant au récit qu’ils doivent dérouler. En étirant des situations lourdingues (les conseillers du royaume qui veulent faire leur putsch depuis trois saisons, ça commence à bien faire) et en continuant à embrasser la nature humoristique de la série où rien n’a vraiment de conséquences (et où l’on se fout donc plus ou moins de tout), Désenchantée se tire une balle dans le pied. Les scénarios ont beau offrir leur lot de rebondissements et les personnages ont beau avoir des atermoiements, on a de plus en plus de mal à y croire quand tout est parfois balayé au détour d’une séquence ou d’un épisode au profit d’un gag, pas toujours très bien senti qui plus est.

Ne choisissant jamais entre narration au long cours et format plus épisodique, la série ne cesse de semer des indices sur ses grandes lignes narratives tout en les étirant au maximum de façon à retarder le moment où tout fera sens. Cette façon de retarder ses enjeux tout en les égrenant finit par devenir agaçant et montre les profondes limites de la série qui donne l’impression de faire du sur-place pour ne jamais affronter l’ampleur d’un récit pourtant sous-jacent mais tristement abandonné.

En ne sachant pas prendre son envol pour cette troisième saison, la série outrepasse donc notre patience sans pour autant être foncièrement désagréable à regarder. A condition de laisser de côté ce petit manège narratif, Désenchantée reste sympathique par instants, grâce à une animation richement travaillée sur ses décors et grâce à son trio de personnages toujours aussi savoureux avec une nette préférence pour Elfo, dont la maladresse et naïveté donne encore lieu aux meilleures scènes de la série. On peut donc tout à fait se laisser prendre au jeu de ce récit qui, s’il n’avance guère et fait preuve d’une certaine paresse dans l’humour cher à Matt Groening, reste bizarrement plaisant, les épisodes s’enchaînant sans se forcer mais sans non plus déclencher l’enthousiasme. Enthousiasme qui manquera très certainement au moment de lancer le visionnage de la quatrième saison et dont on espère encore secrètement qu’elle pourra nous surprendre sans pour autant s’attendre à des miracles.

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