Lupin, Dans l’Ombre d’Arsène – Partie 1 : Malin comme un Lupin

Arsène Lupin n’avait plus fait parler de lui au cinéma ni à la télévision, depuis Arsène Lupin signé par Jean-Paul Salomé en 2004, adaptation de La Comtesse de Cagliostro avec Romain Duris dans le rôle-titre. Une transposition lourde et fourre-tout pour un long-métrage essayant de condenser toute la vie du héros de Maurice Leblanc en 2H11. Un format restreint pour, au final, un résultat indigeste et sans la moindre personnalité de la part du réalisateur qui nous avait déjà infligés l’adaptation de la série Tv Belphegor avec Sophie Marceau.
Arsène Lupin voit de nouveau portées en 2021 ses aventures comme soutien aux péripéties d’Assane Diop, Lupin moderne qui s’inspire de son héros favori pour se venger de la mort suspecte de son père. Une relecture astucieuse des aventures d’un vieux personnage apparu pour la première fois en juillet 1905 dans L’Arrestation d’Arsène Lupin. Un héros centenaire n’ayant cessé d’amuser le français de par des aventures trépidantes proches d’un Fantomas et d’un Robin des Bois so’french. Maurice Leblanc donne naissance à un Gentleman-Cambrioleur qui ne vole qu’aux riches pour lui-même. Ses aventures le mènent toutefois à régler des problèmes familiaux, le personnage ayant eu une enfance tourmentée.

Dans Lupin – Dans L’Ombre d’Arsène, l’enfance du personnage incarné par Omar Sy est au cœur d’une intrigue passionnante à suivre au gré des cinq premiers épisodes que compose cette première partie. À savoir découvrir la vérité sur l’accusation de vol et le suicide du père d’Assane par la famille Pellegrini.
Assane Diop, sous ses airs d’Arsène de banlieue, s’échine alors à trouver la vérité. Il rumine depuis son enfance une vengeance froide, préparée sous toutes ses coutures se dévoilant au fil des cinq premiers épisodes se construisant lentement tel un puzzle. On y retrouve dans le style l’intention de Jacques Becker dans Les Aventures d’Arsène Lupin réalisé en 1957. Un film se structurant à mesure des frasques du héros incarné par un Robert Lamoureux séduisant que l’on retrouvera deux ans plus tard dans Signé Arsène Lupin réalisé par Yves Robert. Omar Sy, outre l’ensemble jogging, s’éclate à incarner un héros dans lequel il trouve le bon tempo et une classe folle dans les costumes trois-pièces trompant son monde au Louvre dans le pilote orchestré par Louis Letterier. Le réalisateur de L’Incroyable Hulk, ayant supervisé pour Netflix la somptueuse série Dark Crystal, signe également le second épisode procurant un rythme soutenu à un programme somme toute modeste dans son action. Les aventures se trouvent rapidement limitées et les décors restreints, notamment l’épisode 3 avec l’enlèvement du commissaire, une flânerie assez chiche de par un décor unique et assez laid. On s’amusera de la supercherie, les premiers épisodes trouvant leurs identités par une écriture malicieuse et irréprochable faute à un budget convenable.

Lupin est une agréable surprise dans sa réinterprétation, permettant à une nouvelle génération de s’ouvrir à ce personnage passionnant. Jamais réellement mis à sa juste valeur de par le cinéma et la télévision moderne, le héros de Maurice Leblanc trouve la carrure et le flegme idéal chez Omar Sy. Acteur fédérateur d’une jeunesse n’ayant que faire d’un héros strictement français datant de 1905, ils font aujourd’hui connaissance avec l’un des fleurons de notre littérature populaire, héros charismatique aux péripéties trépidantes qui se popularise aux moins de 40 ans grâce à Netflix devenant un phénomène à l’international avec un succès mérité, peut-être légèrement gonflé par la plateforme SVOD.
Nous avons déjà hâte de découvrir la suite de cette saison en deux parties nous laissant sur un cliffhanger classique, mais tendu. Les moments clés de la vie d’Arsène Lupin composent judicieusement celle d’Assane Diop, la réappropriation des écrits de Maurice Leblanc ne s’avérant jamais indigeste et impropre aux attentes des fans. Bien au contraire, la série, ludique en tout point, s’applique à des hommages impériaux respectant le style et la fougue à la ligne, le tout sur un canevas clair et moderne.

Si Lupin – Dans L’Ombre d’Arsène peut, par moment, trouver ses limites par la modestie de sa production, la série créée par George Kay et François Uzan emporte l’adhésion de par son respect dans le flegme des péripéties du héros et une intrigue principale accrocheuse. Chacun des cinq premiers se renouvelle constamment entre un premier épisode luxueux au Louvre, un second plus urbain en prison ou le dernier familial se déroulant essentiellement dans un train entre Paris et Etretat. La série trouve ainsi une identité propre et solaire réussissant parfaitement à jongler avec des flash-backs développant l’aura de personnages attachants, notamment Omar Sy, une variation culottée d’Arsène, à l’image de Lupin III au Japon, le pari réussi d’une série prometteuse qui a encore tout à prouver sur les épisodes d’une partie 2 d’une première saison complète attendue au tournant.

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