Cobra Kaï, Saison 3 : La fête est finie !

Après nous avoir laissé sur une fin tragique, Cobra Kaï était attendu au tournant pour sa troisième saison. Si nous soulignions les qualités inéluctables de la série il y a quelques mois, c’était pour mieux appréhender une suite qui, nous l’espérions, devait se montrer différente. La verve nostalgique ayant fait ses preuves, l’écriture intelligente nous ayant également subjugué, nos espoirs étaient grands. Et quoi de mieux que d’entrer en 2021 avec 10 nouveaux épisodes ? Cobra Kaï a su nous prouver qu’elle avait de solides acteurs à la barre et qu’il faut, sans cesse, leur donner du corps. C’est là le défi que s’impose la série. Puisqu’elle joue en permanence avec la nostalgie des films Karate Kid. Avec son humour régressif, mais l’envie d’être prise au sérieux, le ton à employer et offrir des héros calibrés avec justesse peut vite se montrer périlleux. Sans cesse sur le fil du rasoir, il ne suffit de rien pour que Cobra Kaï devienne le cliché qu’elle veut combattre. C’est avec appréhension, et excitation, que nous nous sommes lancés à l’assaut de la suite des aventures de Daniel et Johnny.

Après l’affrontement entre les deux dojos qui s’est terminé par l’hospitalisation de Miguel, Daniel et Johnny tentent de réparer leurs erreurs. Johnny s’est vu déposséder de son dojo, repris de force par le senseï John Kreese. Johnny et Daniel tente de retrouver Robby, en cavale après avoir envoyé Miguel dans le coma. Au lycée, les violences et le harcèlement scolaire sont mis entre les mains des autorités qui comptent proscrire toute attitude néfaste. Seulement, cela n’apaise en aucun cas les querelles entre les dojos. Sous l’impulsion machiavélique de Kreese, les tensions continuent de plus belle. Daniel et Johnny vont définitivement devoir faire la paix et faire corps ensemble afin d’enrayer le sectarisme employé par Kreese cherchant à faire de ses élèves, de vraies machines à tuer.

Ce qu’il y a de vraiment étonnant avec Cobra Kaï, c’est sa capacité à savoir renouveler sans cesse ses enjeux. Cette saison 3 aborde un ton nettement plus sérieux. Les personnages doivent payer les conséquences de leurs actes. Fini les cabrioles dans tous les sens, la vraie vie reprend ses droits. Johnny et Daniel culpabilisent d’avoir transférer leurs querelles passées à travers leurs élèves et doivent en assumer la pleine responsabilité. Bien entendu, Cobra Kaï ne perd pas de vue le public à qui elle s’adresse, il n’y aura pas de finalité funeste. Le but de Cobra Kaï est, avant tout, de prévenir des conséquences que cela engendre d’avoir une attitude tortionnaire ou manipulatrice au lycée. Toutes ces questions n’étaient que partiellement résolues dans Karate Kid, ici le format série permet d’étendre les propos et d’y apporter des solutions beaucoup plus nuancées. Il y a un vrai ton mature employé ici. Encore une preuve que Cobra Kaï a de la ressource et sait comment déployer son jeu. Il y a vraiment une addiction qui se dégage de cette série. C’est impressionnant de se dire que c’était, non seulement, la meilleure des suite à apporter à la franchise Karate Kid, mais que c’est surtout une suite indispensable. Quel tour de force !

Mais que les fans des pitreries de Johnny se rassurent, on rira vraiment beaucoup également dans cette saison 3. Johnny n’a pas fini de casser tous les codes de la beauf-attitude. Il y a des séquences absolument délectables (on ne se remet pas de la séance de photos pour emplir sa page Facebook). D’ailleurs, William Zabdka confirme tout le bien que nous pensions de lui lors des saisons précédentes. Il insuffle de la nuance et de l’émotion au personnage de Johnny si bien qu’il sera difficile de revoir le premier Karate Kid sans y penser. Il n’est pas (plus) la grosse brute épaisse qui harcelait Daniel au lycée. Si le film nous faisait bien comprendre qu’il n’agissait comme cela que sous l’impulsion de son maître, cette saison 3 nous permet de relier les derniers éléments quant à ce qui façonne la personnalité violente de John Kreese. Revenu à la tête du dojo Cobra Kaï, nous saurons comment Kresse à façonné son image de tyran. Les différentes séquences dans son passé lors de la guerre du Vietnam nous permettront d’assister à la naissance du monstre qu’il est devenu. Le véritable méchant de la franchise est bel et bien John, il l’a toujours été. Johnny était un pion sur son échiquier. Cela n’enlève pas les faits perpétrés par Johnny qui paie toujours les conséquences, mais cela permet d’appuyer la dimension humaine qui gravite autour de sa bonté cachée. Johnny est vraiment un personnage fascinant, qu’on prend plaisir à voir évoluer. Daniel est, lors de cette saison, l’élément instigateur de la fibre nostalgique de la série. Son retour au Japon nous ramènera vers les meilleures séquences de Karate Kid 2 (et installera un fusil de Tchekhov gros comme le bras, mais terriblement jouissif).

Le karaté, malgré sa présence dans chaque épisode, cède sa place à des combats nettement plus primaires et violents. L’affrontement entre les jeunes lors du dernier épisode fait plus penser au chaos primitif qu’on avait à la fin d’un film comme Crows Zero qu’à de vraies démonstrations de karaté. Et bon Dieu que c’est jouissif ! Cobra Kaï est en passe de vraiment devenir un must-see en puissance. Tous les arcs narratifs mis en place trouvent une finalité, il n’y a jamais de surplus, c’est un vrai régal.

Une fois encore, la saison 3 de Cobra Kaï rempli parfaitement son cahier des charges. La série conforte ses atouts, ose des scènes dramatiques aux véritables conséquences et n’oublie pas de divertir avec une aisance déconcertante. On se languit d’avance de la saison 4.

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