Yakari, le film : Un héros qui méritait mieux

Héros de notre enfance, Yakari, le jeune Sioux capable de parler aux animaux a toujours eu du mal à s’imposer à l’écran en dépit de deux séries d’animation dont une très prolifique créée en 2005. Malgré cela, les séries ont eu du mal à convaincre par leur travail d’adaptation. L’idée de lancer une aventure de Yakari sur grand écran, sous la houlette de Xavier Giacometti (déjà présent sur la série de 2005) et de Toby Genkel pouvait contribuer à populariser le héros, dont les préoccupations écologiques sont dans l’ère du temps.

Yakari, le film entreprend donc de nous conter les débuts du jeune Sioux. Alors que sa tribu doit chercher un autre emplacement pour leur campement en vue de la saison des tornades, Yakari ne pense qu’à trouver Petit Tonnerre, cheval sauvage que personne n’a jamais réussi à capturer. Doté du don de parler aux animaux par son totem le Grand Aigle, Yakari se lance à la poursuite de Petit Tonnerre, ignorant les dangers qui l’attendent… Un retour aux sources loin d’être bête, permettant aux connaisseurs comme aux néophytes de découvrir petit à petit l’univers de Yakari. Malheureusement le film n’aura pas grand-chose d’autre à proposer, transposant assez platement l’univers créé par Derib et Job dans une animation 3D bien incapable de rendre justice à son avatar de papier.

Non seulement les personnages ont tendance à manquer de vie dans leur animation (dommage car les décors sont superbes), mais le scénario accumule bêtement tous les poncifs d’un tel récit initiatique, bien incapable de se démarquer du tout-venant de l’animation, se contentant d’enchaîner les péripéties sans la moindre saveur. Dépouillé ainsi de sa magie et desservi par des dialogues niais au possible (le film s’adresse clairement aux plus jeunes sans faire d’efforts pour les autres spectateurs), Yakari, le film est dénué de la moindre étincelle d’originalité et de poésie, là où son univers de papier en est pourtant riche.

Visiblement pensé pour répondre à un cahier des charges bien précis et attirer dans son giron des enfants en mal d’animation, Yakari ne convainc ainsi jamais vraiment, étriqué dans une adaptation qui ne lui sied guère, mettant en valeur une naïveté assez insoutenable tant elle semble artificielle. Bien entendu les plus jeunes seront comblés, mais la meilleure chose à faire pour en savoir plus sur le jeune Sioux reste encore de se replonger dans les BD pour mieux en retrouver la saveur, définitivement perdue ici.

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