La Terre et Le Sang : Faire feu de tout bois.

Julien Leclercq s’est imposé depuis L’Assaut en 2011 comme une valeur sûre du cinéma d’action et policier en France. Un réalisateur diablement doué desservi par une distribution chaotique, voire nulle, de ses productions, pourtant toujours soutenues par de gros groupes. De sa filmographie, on retiendra notamment Braqueurs avec Sami Bouajila sortie en 2016, un film d’action concis diablement mené par une mise en scène dynamique et référencée comme il se doit.

Après une escapade hommage en compagnie d’un Jean-Claude Van-Damme taiseux et fatigué avec Lukas (2018), Julien Leclercq rebondit après l’échec public (trop) sévère de ce dernier film avec La Terre et Le Sang, production Netflix France disponible le 17 avril 2020 sur la plateforme SVOD.
La Terre et Le Sang est un pur produit de consommation, ou plus familièrement d’exploitation. Un petit actioner de nouveau concis et droit dans ses bottes proposant la confrontation entre Saïd, le gérant d’une scierie perdue au fond des bois, et un gang, dont la drogue est cachée dans l’entreprise. Un pitch simple qui s’étale sans fioritures sur 1h20 tendue à la mise en scène collant aux basques d’un Sami Bouajila en forme. L’acteur, dernièrement remarqué dans Un Fils de Mehdi Barsaoui, se révèle être, depuis quelques films, une sacrée gueule de cinéma en compagnie de Roschdy Zem et quelques autres d’une génération d’acteurs français intenses et puissants lors de chaque apparition à l’écran.
Fidèle collaborateur de Julien Leclercq depuis Braqueurs, Sami Bouajila se confond en chef d’entreprise désabusé et bouffé par la maladie qui va mener un dernier combat pour protéger sa fille. La scierie est le résultat d’une vie de dur labeur, et il ne laissera pas de petits malfrats de cité venir empiéter sur son terrain. Un peu à l’image de Jean Gabin défendant et nettoyant ses terres des malfrats et de leurs drogues dans La Horse de Pierre Granier-Deferre en 1970. La Terre et Le Sang se rapproche beaucoup de ce dernier film culte, l’un des derniers du monstre de cinéma qu’était Jean  Gabin. Sami Bouajila n’est pas (encore) de cette trempe, mais avouons son assurance et la technique irréprochable avec laquelle il se sort de la situation, véritable French-Rambo éliminant des racailles comme a pu le faire le vétéran du Vietnam avec les mexicains dans son ranch.

Si La Terre et Le Sang n’ose pas tomber facilement dans la gaudriole bis du dernier film de John Rambo, c’est pour mieux s’inscrire dans l’histoire soutenue d’un cinéma d’action à la française. Simple, concis et efficace, une bonne formule bistronomique du midi, dont Julien Leclercq agrémente d’un petit café amer par une image sociale grisâtre au cœur d’une région forestière boisée pas des plus accueillantes. Le cinéaste n’oublie donc pas la France rurale comme un décor principal fort pour produire un petit film d’action conformiste, mais infaillible.

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