Perdus dans l’Espace – Saison 2 : Ennui… Consommateurs Netflixiens !

La saison 2 de Lost in Space, disponible depuis Noël 2019 sur Netflix, s’entame avec détachements. La suite des aventures de la famille Robinson, perdue et dérivant au gré de planètes hostiles au cœur de l’espace, n’était pas du tout attendue. C’est plutôt le fil de la première saison, après seulement dix premiers épisodes, qui s’était perdus pour une série morne et sous-développée, agitant des péripéties rabattues pour mieux cacher la misère de son écriture. L’aide de cinéastes confirmés a bien aidé à tenir le divertissement jusqu’au bout, mais qu’en est-il avec cette nouvelle saison ?

Cette nouvelle saison démarre sur les chapeaux de roue. La Famille Robinson est bloquée sur une planète rocheuse. Elle va devoir affronter vents et marée pour retrouver une terre ferme. Tout ne se déroulera pas comme prévu, mais armez-vous de patience, toute la saison 2 sera de cet acabit. En soi, des péripéties et des pirouettes scénaristiques à retors pour mieux sauver les protagonistes principaux de chaque situation délicate tenant en haleine (ou pas) pour cette salve de nouveaux épisodes crispants.
Au fil des aventures, nous sourions à défaut d’exaspération face aux facilités grossières dont font preuve les scénaristes. Perdus dans l’Espace reste divertissante en permanente, mais la grossièreté de ses intrigues donne le tournis, voire la nausée.
Chaque problème a sa (ré)solution pour la famille Robinson et ceux qui gravitent autour d’eux. Le Dr Smith s’improvise expert marin comme par magie, quand certains se sacrifient pour la beauté du geste et la conclusion d’un épisode, alors que l’on en apprendra sa futilité dès le début de l’épisode suivant. 

Lost in Space se défend armes à la main pour ne jamais perdre le spectateur en route. Les Robinson ne sont pas seuls perdus dans l’espace, le spectateur est bien avec eux, se perdant dans cette série sans la moindre texture émotionnelle et le moindre développement personnel. On s’ennuie poliment quand bien même un enfant de moins de 12 ans sera passionné par le dépaysement et le spectacle presque total de certains épisodes. Les deux épisodes dans le désert avec Judy se faisant poursuivre par des dinosaures extraterrestres en sont un bel exemple, idem avec l’exploration du désert à la recherche du robot par Maureen et Will.
À l’image de la première saison, la saison 2 de Lost in Space captivera les enfants et délaissera les parents par la naïveté de son concept et la légèreté de sa trame. Malgré quelques références franches à Star Trek, Silent Running et Alien pour toutes les séquences relatives au Resolution dans les derniers épisodes, les adultes mettront la série de côté par un manque d’intérêt progressif envers les problématiques des personnages et la globalité d’une série divertissante, mais facile et immature.

Il est dommage de constater que chaque membre de la famille Robinson peine à évoluer alors qu’un certain laps de temps (quelques mois) sépare les deux saisons. C’est surtout l’enchaînement des erreurs humaines, des péripéties infernales qui ne remettent jamais en cause la psychologie et la personnalité des acteurs majeurs de ce voyage. Chacun reste à sa place, prostré dans leurs convictions et leurs savoirs, pire même faisant encore et toujours confiance au Gargamel de la série, perfide personnage qui fera forcément des siennes au fil des 10 épisodes avant un sort ne déclenchant pas la moindre émotion. Reste à savoir la surprise la concernant au début de la saison 3.

Lost in Space nous surprendra seulement dans son dernier tiers. Le dernier volet de la saison envoyant une partie des colons (on évite le spoil!) vers Proxima Centauri B comme un gros défi pour une prochaine saison. Surtout que le dernier plan plonge Judy (devenue centrale) au cœur de ses maux personnels. Une aventure relancée par une énième pirouette pour, si vous le souhaitez, reprendre l’aventure dans deux ans, perdus dans l’espace d’une série servant parfois de fond sonore.

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