On ne vit que Deux Fois (1967) : « Pour le Service de La Reine »

James Bond :

Cinquième aventure de Bond dans la peau de Sean Connery. On ne vit que deux fois devait être le dernier film pour l’acteur écossais qui se laissera convaincre par un gros chèque en revenant quelques années plus tard avec l’abandon du rôle par George Lazenby. Si la déception du public à l’époque fut grande, avec le recul d’aujourd’hui, il était bon temps d’arrêter après cinq films pour Sean Connery. L’acteur s’encroûte dans le costume de Bond. Les t-shirts moulants laissent entrevoir un physique moins bien entretenu, deux ans après Opération Tonnerre où l’acteur faisait preuve d’un physique irréprochable, visible dans les séquences de plongées. Au milieu des années 60, Connery est une star ayant tourné chez Hitchcock et Sydney Lumet. Pour ce James Bond, on ressent la lassitude de l’acteur qui incarne le rôle mécaniquement. Il n’apporte plus rien au rôle et il est temps de laisser le costume, en dépit de la volonté des producteurs de le garder. La moumoute est bien trop visible, voire absente pendant toute la séquence de l’ascension du volcan dévoilant la calvitie entamée de Sean Connery.
En soi, James Bond est égal à lui-même dans cette nouvelle aventure exotique qui le promène au cœur du Japon. L’aventure se déroule essentiellement sur place, un dépaysement total pour le moins bon film de l’ère Connery. Le 5e long-métrage se permet même l’insolence de débuter avec la mort violente de 007, mitraillée dans son lit. Une séquence-choc notamment pour un gamin dont c’est la première vision naïve.   

L’ordre de Mission :

Un vaisseau spatial américain de la  NASA  est détourné de son orbite par un vaisseau spatial non identifié. Les États-Unis soupçonnent être l’œuvre des Soviétiques, mais les Britanniques soupçonnent l’implication japonaise, car le vaisseau spatial a atterri dans la mer du Japon. Pour enquêter, l’agent au Service Secret de sa Majesté est envoyé à Tokyo après avoir simulé sa propre mort à Hong Kong.
Le Japon s’offre un beau panorama au cœur d’un film purement occidental. Tous les clichés sur les Japonais seront bien mis en avant avec la lourdeur significative de l’époque. James Bond se comporte comme un véritable goujat, notamment envers les femmes en bon obsédé qu’il est. Et cela n’a l’air de choquer personne bien évidemment.
À noter toute la séquence au cœur du village des Ninjas, inutile au possible, permettant de cacher Bond avant d’infiltrer la base secrète au cœur du volcan. 007 est maquillé et se prête aux coutumes avant d’être marié à une espionne pour conforter au mieux sa couverture. Celle-ci n’est que le prétexte à assurer l’exotisme du film, car Bond ne s’est jamais réellement fendu d’une couverture quelconque pour assurer sa mission.

L’antagoniste :

Pour ce 5e volet, James Bond n’affronte rien moins que Blofeld, N°1 du SPECTRE. Le célèbre antagoniste, opérant dans l’ombre depuis le second film, apparaît enfin dans la dernière partie dévoilant son visage. Blofeld est le méchant mythique de James Bond, homme à la tête de l’entité terroriste SPECTRE qui extorque le monde avec des actes toujours grandiloquents. Comme dans ce film où l’organisation vole des vaisseaux spatiaux et son équipage pour déclencher une guerre à l’intention de la Chine Communiste.
Blofeld est incarné dans le film par Donald Pleasance. Il faut savoir que ce n’était pas le premier choix. C’était l’acteur tchèque, Jan Werich, qui fut choisi ayant débuté le tournage. Mais à la vue du manque cruel de charisme de l’acteur dans le rôle, il fut renvoyé et remplacé par Donald Pleasance marquant le rôle d’une présence plus assurée. Néanmoins, Pleasance n’incarnera qu’une fois le méchant, chaque apparition du personnage étant marqué par un changement d’acteur.
Donald Pleasance est une gueule du cinéma. L’acteur n’a jamais arrêté de tourner entre ses débuts en 1954 dans Le Vagabond des îles jusqu’à Fatal Frames en 1996. Pleasance est connu pour son rôle de Blofeld dans On ne vit que deux fois, mais aussi pour être le Dr Loomis dans la saga Halloween de John Carpenter. Il tourna également dans New York 1997 pour John Carpenter ou Prince des Ténèbres où il incarnera comme un clin d’oeil, le Professeur Loomis.  

James Bond girl :

Il est rare que dans une aventure de James Bond, il n’y ait pas une James Bond girl bien définie. On ne vit que deux fois est bien une exception. 007 n’a pas à proprement parler de compagne pour cette aventure au Japon. Certaines l’aident à des moments bien précis, mais aucune ne ressort particulièrement. On peut citer Aki qui meurt empoisonnée dans le village Ninja ou Kissy Suzuki qui devient sa femme pour mieux servir la couverture de 007. Mais elle est très vite évacuée, s’échappant du Volcan pour aller prévenir l’armée de Tanaka, soutien japonais de Bond.

Section Q :

Peu de gadgets dans ce nouveau film qui est marqué tout de même par une apparition de Desmond Llewelyn débarquant au Japon avec ses valises diplomatiques. Elles recèlent un trésor pour une séquence spectaculaire du film. Q monte La Petite Nelly, hélicoptère miniature qui servira à Bond pour explorer les alentours du Volcan après avoir localisé l’endroit stratégique des atterrissages des vaisseaux volés dans l’espace. Ce qui sera validé par une attaque d’hélicoptères ennemie pour une course-poursuite dans les airs assez incroyable encore aujourd’hui.
À savoir que la petite Nelly est équipée de deux mitrailleuses fixes ; deux lances roquettes ; deux lances missiles Air-Air guidés par infrarouge ; deux pots fumigènes ; deux lances flammes et des mines aériennes. Si avec tout cela, Bond ne peut s’en sortir sans accroc !? 007 est aussi équipé d’un casque avec caméra pour filmer les endroits stratégiques.
Avant tout cela, en pénétrant dans les locaux d’Osato Chemicals, il réussira à ouvrir un coffre grâce à un décrypteur qui se trouvait par magie dans sa veste. Un gadget qui n’empêchera pas d’allumer l’alarme. 

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