Dragnet : Pastiche et Chocolat.

Produire un pastiche d’une série TV culte américaine n’est en soit pas une idée originale. Tous les grands acteurs comiques (ou pas) s’y sont essayés avec plus ou moins de succès. De tête, on pense au Starsky & Hutch avec Ben Stiller et Owen Wilson, Alerte à Malibu avec Dwayne Johnson ou C.H.I.P.S avec Michael Pena.
Avant eux, Dan Aykroyd avait eu cette idée en adaptant sa série fétiche L.A Dragnet. L’acteur adore la série créée par Jack Weber dans les années 50 et souhaite, au début des années 80, en tirer une adaptation avec son compagnon John Belushi. Malgré le décès de ce dernier, Aykroyd persévère et s’adjoint les services de Tom Hanks.
Tom Hanks n’est pas encore, en 1987, une star. Il a déjà joué dans The Burb’s de Joe Dante, et Splash de Ron Howard a rencontré un certain succès, quand son remake d’Un Homme avec une chaussure Noire d’Yves Robert est passé inaperçu. Il faudra attendre quelques années avant l’explosion avec The Big.
La star à l’époque est Dan Aykroyd qui sort du succès d’Un Fauteuil pour Deux et de GhostBusters. Il a assez de pouvoir auprès des studios pour produire cette adaptation de Dragnet avec le soutien de Tom Mankiewicz (fils et neveu de…), scénariste réputé à Hollywood (les James Bond avec Roger Moore), notamment en tant que script-doctor. L’homme a notamment été conseiller sur les Superman de Donner et sur de nombreux autres projets. Mais en termes de mise en scène, sa filmographie est rachitique. Aykroyd souhaite engager Ted Kotcheff qui repousse l’idée à la lecture du scénario. Mankiewicz se propose alors, et la production est en marche.

Dragnet est un film curieux. Pastichant au premier degré le style rigide de la série en question, on déambule au cœur d’un long-métrage jouant volontairement l’ambivalence. Se rapprochant en soit d’un Y’a-t-il un Flic avec Leslie Nielsen sans les gags, le ton est ouvertement 2e/3e degré avec un univers au premier degré. Le spectateur a en cela le cul entre deux chaises loin d’être aidé par Dan Aykroyd s’amusant comme un petit fou à reprendre les mimiques de Jack Webber en Joe Friday, dont il interprète le neveu homonyme. Dans un Los Angeles renvoyant aux écrits de James Ellroy, Joe Friday, et son nouveau coéquipier, Steenbeck (Tom Hanks), enquêtent sur les agissements terroristes d’un groupuscule païens. À sa tête, un pasteur incarné par Christopher Plummer qui souhaite prendre le contrôle de la ville tel un mégalo aussi délectable que détestable. L’enquête va mener les deux enquêteurs dans la villa d’un pseudo Hugh Hefner, à combattre un anaconda après le sacrifice d’une vierge tout en étant déguisés en punks. 

Les deux coéquipiers s’éclatent, le spectateur moins totalement retirer du programme concernant seulement le fan Aykroyd. La série en question n’a jamais été diffusée en France, programme purement américain dont on ne saisira jamais les subtilités et les clins d’œil. On laisse donc les acteurs s’amuser tout seuls, quand bien même nous sourions à quelques gags. Dragnet est en cela une occasion manquée, un divertissement purement américain s’adressant directement à ce seul marché.
L.A Dragnet connaîtra pourtant une seconde vie avec deux saisons sous la houlette de Dick Wolf en 2003. Ed O’Neill (Mariés deux enfants) reprendra le rôle de Joe Friday dans une série remake rapidement annulé. Presque 50 ans après, tout le monde a oublié Dragnet et le film n’aura pas aidé à revitaliser la réputation du programme. Pourtant, ce n’était pas l’envie de Dan Aykroyd qui manquait, surtout après le succès tonitruant des Blues Brothers.

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