Goldfinger (1964) : « On dirait le nom d’un vernis à ongle français. »

James Bond

Sean Connery incarne, dans Goldfinger, le James Bond parfait. Cette troisième aventure de 007 est, pour l’acteur écossais, l’accomplissement qui se prolongera l’année suivante dans Opération Tonnerre, point d’orgue de la partie « Sean Connery » dans la saga James Bond.
Convaincue de son charisme indéniable, la mécanique roule d’elle-même après deux succès tonitruants. Sean Connery est James Bond à un point tel qu’il sera longtemps compliqué de le remplacer dans le rôle. Goldfinger est l’un des meilleurs films de la saga pour une raison évidente, le magnétisme de Sean Connery dans le costard trois-pièces de l’agent secret est à son paroxysme.

L’ordre de mission

Goldfinger débute par la conclusion d’une mission pour 007. Alors qu’il est à Miami en plein massage, il est dépêché par M, avec le soutien de Félix Leiter, pour observer Auric Goldfinger, magnat obnubilé par l’or.
Alors que la secrétaire de Goldfinger est assassinée étouffée par une couche de peinture d’or pour avoir fricoté avec Bond, 007 se met en filature du puissant homme. Dans ce troisième film datant de 1964 et réalisé par Guy Hamilton, on voyage de Miami en passant par l’Angleterre, puis un petit tour sur les routes sinueuses suisses avant un nouveau tour à Baltimore. Le héros voyage beaucoup à suivre Auric Goldfinger à la trace. Goldfinger est un film dépaysant, une aventure prenante par sa simplicité et ses moments de bravoure devenus cultes.

L’antagoniste

Auric Goldfinger déteste perdre. C’est par cette façon que l’on apprend à le connaître. Malin magnat développant de la technologie de pointe à partir de l’or, produit riche qui l’obsède. Goldfinger, par la révision du film, préfigure ce que sera Donald Trump. De par la présence inspirée de Gert Fröbe, acteur allemand célèbre vu dans toutes les superproductions de l’époque. Le rôle de Goldfinger lui offrira un surplus de notoriété, sa carrière décollant avec une carrière internationale (Paris brûle-t-il  ; Du Rififi à Paname  ; Chitty Chitty Bang Bang  ;  Dix Petits Nègres).
Au départ, Gert Fröbe est surtout connu en Allemagne pour son rôle de commissaire Lohmann dans la série des films mettant en scène le Dr Mabuse, dont certains films sont réalisés par Fritz Lang. Une carrière essentiellement en Allemagne de l’Ouest, avant sa participation au Jour le Plus Long et à la saga James Bond pour rester l’un des plus mémorables antagonistes de la saga.

OddJob

À ses côtés, n’oublions pas de citer Bricole, ou plutôt OddJob, le premier sidekick qui lancera par la suite un nouvel ingrédient fort à la recette miracle des films 007. Un homme de main spécial comme premier coup pour contrecarrer James Bond dans sa mission. Il y aura par la suite Jaws, Hinx, Necros, May Day ou encore Le Renard.
Oddjob est un monolithe coréen au chapeau coupant, dont la séquence au club avec le coupage de tête de la statue restera dans toutes les mémoires des fans. Le personnage est incarné par Harold Sakata, catcheur et acteur japonais, médaillé d’or au JO de 1948. L’homme aura une légère carrière au cinéma, dont Goldfinger sera le seul réel coup d’éclat. 

James Bond Girl

La James Bond Girl de ce troisième film répond au doux nom de Pussy Galore. Pilote du jet privé de Goldfinger, James Bond la retourne rapidement en sa faveur après quelques échanges dans une grange. Pussy Galore est incarné par la sublime Honor Blackman connue à l’époque pour son passage dans les premières saisons de la série anglaise, Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Elle est l’une des seules JB Girl à avoir eu une véritable carrière avant et après sa participation dans un film de la saga 007. Honor Blackman concentre sa carrière essentiellement en Angleterre entre la télévision et le cinéma de 1947 jusqu’à la fin des années 2000. Son dernier long-métrage est Cockney vs Zombies en 2012. Elle est âgée aujourd’hui de 94 ans.
L’une des particularités de Pussy Galore à l’époque est que son rôle est ouvertement lesbien. Chose qui ne durera point longtemps avec l’arrivée de James et son charme irrésistible. Les bonnes années du patriarcat.

Section Q

Q, dans la peau de Desmond Llewelyn, prend enfin sa place dans la saga 007. Avec Goldfinger, on découvre le grand atelier et laboratoire de la section Q où différentes inventions sont en tests, notamment un gilet pare-balles ultrarésistant sous un imperméable.
Le principal gadget de Bond dans ce 3e film sera sa voiture. La Bentley, dont on n’aura jamais eu l’honneur de voir, est remise au garage pour laisser place à l’Aston Martin DB5. Modèle devenu culte grâce à la série, fidèle compagne au héros au fil du temps, tous l’ont conduit, même Daniel Craig dans Skyfall.
Dans Goldfinger, la DB5 est équipée d’un siège éjectable, d’un mitrailleur dans le phare avant gauche, d’une option jet d’huile arrière ou encore de fumigènes. La voiture est pare-balles observant une plaque armure sortant du coffre. Elle est équipée aussi d’un système GPS en lien avec un traceur fourni en deux tailles, normal et miniature à James Bond. Q exigera la restitution en l’état, ce qui n’arrivera bien sûr pas suite à un passage nocturne dans les usines Auric Enterprise et une course-poursuite se finissant dans un mur, après que la voiture fut mitraillée. Pas d’inquiétude, nous la retrouverons comme neuve dans les films suivants, la voiture étant un gadget canonique pour le reste de la saga.

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