Le Mans 66 : Course vers la victoire

C’est l’histoire d’une rivalité qui enflamma les circuits automobile, c’est l’histoire d’une passion et d’une amitié liant deux hommes à qui l’histoire n’a pas tout de suite donné leur juste place, c’est l’histoire d’une course historique lors des 24 heures du Mans de l’année 1966…

Avec Le Mans 66, James Mangold, cinéaste dont le talent n’est plus à prouver (Walk the Line, Logan) s’attaque donc à un gros morceau de l’histoire automobile, la fameuse rivalité entre Ford et Ferrari qui, dans les années 60, se livrèrent une sacrée bataille pour imposer leur marque au sein d’un circuit aussi historique que celui du Mans. Alors que ses ventes stagnent, Ford, sur les conseils d’un de ses cadres, décide de se lancer lui aussi dans la construction d’une voiture de course capable de vaincre Ferrari sur son propre terrain. Le géant italien étant déjà bien installé, Ford doit faire vite et doit faire bien. Il fait donc appel à Carroll Shelby, ancien pilote de course et vainqueur des 24 heures du Mans en 1959 pour construire la voiture idéale. Mais celle-ci n’est rien sans un bon pilote et pour Shelby, seul Ken Miles est à même de mener Ford vers la victoire. Mais l’attitude de tête brûlée de Miles n’attire pas la sympathie des exécutants de Ford dont le souci de respecter la marque vient bloquer leur envie de gagner…

Pour raconter cette histoire, qui pourrait paraître rebutante à quiconque ne s’intéresse guère aux courses automobiles et aux voitures, le scénario a l’intelligence d’aborder le sujet par le bon angle. La rivalité entre Ford et Ferrari, bien que nourrissant le film, n’est pas le cœur du récit. En se concentrant sur Carroll Shelby et Ken Miles, Le Mans 66 fait mouche, nous donnant une vue sur cette histoire par les principaux artisans de la voiture qui permit à Ford de vaincre Ferrari au Mans en 1966. La réussite du film tient en ces deux personnages, poussés par une passion commune en dépit de leurs différents (Miles tient véritablement du solitaire réfractaire à toute autorité quand Shelby s’impose comme un excellent business-man) pour faire leur travail du mieux possible. Alors que Ford n’est poussé que par la gloire et l’orgueil, le travail de Miles et Shelby tient de la pureté absolue, s’intéressant avant tout à la voiture. En cela, on peut totalement s’identifier à ces deux passionnés sans pour autant avoir les mêmes intérêts car le scénario permet de nous faire partager leur amour de la course, de la mécanique et nous fait témoigner de leur amitié allant bien au-delà du circuit.

Ainsi Le Mans 66 peut dérouler son programme sans accrocs, des débuts difficiles au succès de l’année 66 (dont la course constitue le morceau de bravoure du film, bourré de tension et d’adrénaline, quand bien même on en connaît le résultat) sans jamais vraiment surprendre mais sans pour autant blaser. Car Mangold est maître de son récit, ne se reposant jamais sur le spectaculaire pour le faire exister, lui donnant sans cesse du cœur via ses personnages principaux dont l’amour pour leur travail est sans cesse mis en opposition au mercantilisme éhonté de la firme pour laquelle ils travaillent. En célébrant les artisans plutôt que les dirigeants, le film parvient ainsi à transcender son simple sujet et vient nous faire vibrer d’émotions, bien aidé par un scénario solide et par une interprétation sans failles. Certes, Matt Damon et Christian Bale sont dans des registres qu’ils connaissant sur le bout des doigts (Damon en américain un peu entreprenant et sûr de lui, Bale en type plus borderline, habité par sa passion) mais leurs prestation n’en permettent pas moins de donner toute sa saveur au film dont le classicisme se définit ici dans le sens plus noble du terme, alliant divertissement et intelligence avec un sacré sens de la mise en scène.

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