The Terror – Saison 1 : Souffle glacial

En 1845, le Terror et l’Erebus, deux navires anglais, quittent leur pays pour le cercle polaire arctique afin de découvrir le mythique passage du Nord-Ouest. Ils ne reviendront jamais, les navires ne seront pas retrouvés avant des décennies (L’Erebus en 2014, le Terror en 2016) et tous les hommes mourront dans d’atroces souffrances, causées par la faim, le froid et la maladie. De cette fascinante histoire vraie, Dan Simmons a tiré un roman passionnant, qu’on lit le cœur gelé où il a agrémenté le récit d’une touche fantastique bienvenue en se lâchant complètement dans la fiction, livrant sa propre version de l’histoire.

Adaptée de Simmons, The Terror, pensée comme une mini-série, mais désormais déclinée en série anthologique, entend être une expérience télévisuelle aussi forte qu’a pu l’être la lecture du livre. Durant dix épisodes, les personnages vont être malmenés, soumis à la mort, la maladie, la souffrance et à une créature pas tout à fait naturelle prenant un malin plaisir à déchiqueter les matelots. De ce postulat fort et de ce roman dense, David Kajganich et Soo Hugh ont réussi un tour de force narratif, parvenant à adapter le roman de façon fidèle (même si le budget réduit les a forcé à livrer un décor pas aussi glacial qu’on l’imaginait et une créature numérique qu’il ne faut pas regarder de trop près) tout en se permettant quelques trahisons (notamment sur la fin, étonnamment plus réussie ici) ne faisant que renforcer la beauté de cette adaptation, baignant dans une ambiance mortifère et gelée ne faisant qu’illustrer la cruelle détresse de ses personnages.

Dotée d’un casting impeccable d’acteurs trop rares mais toujours excellents (Jared Harris, Paul Ready, Tobias Menzies, Adam Nagaitis, Ciarán Hinds, Ian Hart), The Terror est de plus en plus belle à mesure qu’elle suinte l’inéluctabilité de la mort de ses personnages et qu’ils s’enfoncent dans un périple incertain. Jeu de massacre tragique où les personnages sont aux prises avec des forces les dépassant, cette première saison a quelque chose de profondément viscéral. Passés les deux premiers épisodes un peu trop fidèle au bouquin pour totalement passionner ceux ayant lu l’œuvre de Simmons, The Terror décolle vraiment avec un troisième épisode de choc et n’en démordra plus, offrant à son spectateur un formidable récit de survie où l’on regarde la mort en face et l’on décide de ce qu’il nous reste à faire. Avec ses personnages terriblement attachants (Crozier, Goodsir et Fitzjames en tête) et son ambition formelle (en dépit d’un léger manque de budget, ça a de la gueule, il faut bien le dire) et narrative, The Terror s’impose donc comme une véritable réussite, à ne manquer sous aucun prétexte, même si l’on craint le froid !

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