Kickboxer : Nok Su Kow !

L’été bat son plein. Entre les diverses sorties estivales, les innombrables festivals et autres séances de rattrapages, notre bon vieux septième art ne manque pas de répondre à l’appel pour ce qui est d’accompagner nos longues et chaudes soirées. Sans compter sur les inévitables blockbuster qui fluctuent dans nos salles obscures, l’été est la période propice pour parfaire notre rayon de plaisirs coupables. Le moment idéal pour se plonger dans la filmographie de nos héros nationaux que peuvent être les Max Pécas et consorts. Mais voilà que nous digressons. Puisque notre sujet du jour n’est en aucun cas comparable aux bikinis légers et répliques grasses de notre bon vieux Pécas. Quel rapport avec Kickboxer ? Tout simplement que notre inconscient nous ramène sans arrêt à cette même période lorsqu’il s’agit de revoir ce film de Mark DiSalle et David Worth. Deuxième gros succès au cinéma de Jean-Claude Van Damme (un an après la sortie de Bloodsport), Kickboxer a longtemps été, à nos yeux, le film du jeudi soir programmé sur M6. Une soirée que nous ne manquions pour rien au monde, en dépit de la VHS qui trônait fièrement dans notre vidéothèque familiale. Kickboxer a cet air de vacances, ce plaisir délectable que nous regardions en famille après un fameux barbecue.

On y fait la connaissance de Kurt Sloane, manager de son frère Eric, champion du monde de kickboxing. Les deux frères décident de se rendre à Bangkok afin d’y affronter leur plus grand champion, Tong Po. Le match tourne au carnage et Eric est laissé pour mort. Kurt décide de demander l’aide de Xian, un entraineur très réputé, dans le but de venger son frère sur le ring.

Difficile de trouver un semblant d’objectivité quand il s’agit de traiter un film qu’on a vu des dizaines et des dizaines de fois. Kickboxer n’a rien de transcendant dans sa réalisation. Cantonné au statut de téléfilm, ce n’est certainement pas pour ses non envolées techniques que le film perdure aujourd’hui. Kickboxer repose (presque) entièrement sur les épaules de Jean-Claude Van Damme. Très impliqué dans l’élaboration du projet, il est en pleine possession de ses moyens. Il a participé à l’écriture du scénario et a chorégraphié toutes les séquences de combat. D’ailleurs, Kickboxer regorge de scènes devenues cultes. Voilà déjà un premier point qui nous fait nous jeter aveuglément sur le film à chaque fois. Que ce soit le méchant charismatique qui donne des coups de tibia dans un mur, Kurt qui détruit des palmiers à coups de tibia, qui s’offre des séances de gainage asséné de coups de noix de coco, qui se fait poursuivre par un chien de garde avec de la viande attaché à la cuisse ou encore qui dézingue tout un bar après avoir bu plus que de raison et nous avoir démontré ses talents de danseur…il y a de quoi faire. Mais plus encore que les entraînements mythiques, on se souvient surtout de Kickboxer pour son fameux combat final où les adversaires doivent se battre avec du verre pilé sur les mains. Van Damme rencontre l’un de ses plus grands ennemis. Le combat est anthologique. D’autant plus que Michel Qissi (l’interprète de Tong Po) est un ami de Van Damme. L’alchimie entre les deux combattants y est totale et les deux acteurs possèdent une aura indiscutable. C’est un vrai régal pour les pupilles. Van Damme enchaîne ses fameuses parades avec une dextérité flamboyante. Quel combat !

Au-delà de la maestria technique emmenée par notre cher Jean-Claude, Kickboxer doit également son capital sympathie à ses seconds rôles. Que ce soit la rigueur de Xian, la beauté inéluctable de Mylee ou encore l’exubérance de Winston, le spectateur prend plaisir à accompagner Kurt dans sa quête de vengeance avec la joyeuse équipe qui l’entoure. Le film transpire la magie des 80’s. On sait pertinemment que les acteurs ne jouent pas spécialement bien, mais le film arrive à dégager un univers harmonieux qui fait qu’on s’y sent bien. D’autant qu’il a été tourné en Thaïlande (notamment à Bangkok et Ayutthaya) ce qui lui confère une identité bien marquée et marquante. La beauté des décors transpire cette saveur estivale que nous évoquions plus haut, voilà pourquoi Kickboxer tient une place à part dans la filmographie de Van Damme et est apprécié par un bon nombre de personnes. Rajoutons à cela une bande-originale des plus rythmées signée Paul Hertzog (déjà auteur de la bande-originale de Bloodsport), et vous comprendrez pourquoi Kickboxer est un programme dont on ne se lassera jamais de revoir. Tous les ingrédients sont présents pour nous faire passer un agréable moment de divertissement comme seules les années 80 savaient le faire. Un indispensable de nos soirées vidéos-clubs, vestige d’une époque pas si lointaine que nous regrettons amèrement.

Kickboxer saura marquer son époque notamment grâce au travail de chorégraphe de Van Damme. Plusieurs suites verront le jour entre 1991 et 1995, sans Jean-Claude au casting…et son absence se fera lourdement sentir. La franchise Kickboxer sera ressucitée en 2016 avec Kickboxer Vengeance, où Van Damme prendra la place du maître cette fois-ci. Rien de bien folichon à se mettre sous la dent toutefois, en dépit d’une agilité toujours bien présente de la part de notre belge adoré. Cette nouvelle version de Kickboxer donnera naissance à une suite l’année suivante, Kickboxer Retaliation, qui aura de meilleurs atouts à vendre par rapport à son modèle de 2016, mais qui n’arrivera quand même pas à égaler le plaisir que nous avons à nous remettre encore et encore le film original.

Quoiqu’il en soit, Kickboxer aura su laisser une empreinte indélébile grâce à ses acteurs charismatiques, ses chorégraphies spectaculaires et la fameuse danse de Van Damme devenue mythique. On ne manquera pas de se remémorer le clin d’œil que lui fera Charlie Sheen dans Hot Shots ! 2 où le verre pilé sur les gants sera remplacé par des bonbons. Kickboxer est un plaisir coupable d’une haute qualité disponible pour la première fois en France dans une édition restaurée blu-ray sortie chez ESC il y a quelques semaines. Ce serait fort dommage de s’en priver…

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