X-Men – Dark Phoenix : Dans les cendres et loin de renaître

Avec le rachat de la Fox par Disney, ce nouvel opus X-Men apparaît comme le chant du cygne de la saga telle qu’on la connaît. Ambitieux dans sa volonté de livrer son interprétation de l’immense arc narratif du Phénix Noir (déjà abordé dans L’affrontement final avec le résultat que l’on connaît), Dark Phoenix se retrouve également contraint de marquer la conclusion de l’univers X-Men sous cette forme avec les acteurs que l’on connaît et qui nous sont devenus familiers.

Cette ambition narrative, voyant Jean Grey acquérir de dangereux pouvoirs la rendant terriblement puissante et menaçant les X-Men, commençait déjà avec du plomb dans l’aile. Scénariste familier de l’univers, Simon Kinberg prend pour la première fois les rênes de réalisateur sans expérience tandis que le film, prévu pour sortir plus tôt, a connu de nombreux reshoots. De quoi partir peu rassurés et à la vue du résultat, c’est encore pire que ce qu’on imaginait !

Passons volontiers sur certaines incohérences de la saga (comme ces personnages qui ne prennent quasiment pas de rides en trente ans d’existence) pour se concentrer sur les vrais problèmes du film dont le manque de souffle ferait passer L’affrontement final pour une petite réussite. En effet, on ne peut s’empêcher d’avoir la sale impression que l’ensemble du film est bâclé, réalisé rapidement, pensé comme un produit de masse sans âme, cochant allégrement un cahier des charges ultra-daté, faisant sacrément tâche à côté des précédents opus de la saga qui avait plus de souffle.

De fait, au sein de ce récit qui se veut volontiers épique, on ne croit en rien. L’évolution de Jean Grey est trop rapide, maladroite et pas assez subtile pour passionner (elle passe pour une adolescente chouineuse plus qu’autre chose), des personnages sont mis de côté et évacués avec la grâce d’un pachyderme et aucune émotion ne vient se loger dans le film (un comble pour un chant du cygne !) et ce même dans un climax qui aurait pourtant pu avoir de l’allure sur le papier.

Tout le monde semble carrément aux abonnés absents dans le film à commencer par Kinberg dont le scénario commet d’incroyables raccourcis narratifs pour aller à l’essentiel, oubliant au passage de soigner des personnages pourtant importants au sein de la saga. On se demande d’ailleurs pourquoi tout le casting a signé pour ce quatrième film tant ils ont l’air déconnectés du récit. Seule Sophie Turner met du cœur à l’ouvrage, consciente qu’elle tient là un rôle majeur auquel elle n’apporte aucune nuance. Et si Michael Fassbender a suffisamment de charisme pour convaincre lors de ses apparitions, même James McAvoy, Jennifer Lawrence et Nicholas Hoult ont l’air aux fraises, ne sachant que faire de dialogues navrants dont la simplicité trahit un véritable creux narratif. Ne parlons même pas de Jessica Chastain, la grande méchante du film n’ayant pas grand-chose à jouer, se contentant d’un look étrange et d’un ou deux regards bizarres pour montrer qu’elle est là.

A vouloir trop raconter sans se fatiguer, Dark Phoenix donne une véritable impression de paresse générale, comme si personne ne voulait être là sauf peut-être Sophie Turner et Simon Kinberg, décidé à montrer qu’il est un réalisateur compétent sans jamais y parvenir. On en vient alors à regretter que la Fox n’ait jamais validé le plan de trilogie établi par Matthew Vaughn à l’époque de First Class, ce dernier film restant le meilleur d’une saga passionnante mais inégale, se terminant sur une note largement décevante qui nous fera très vite oublier ce Dark Phoenix pour préférer penser que Apocalypse est le dernier film de l’univers X-Men tel qu’on le connaît. En attendant de nouvelles aventures chez Disney ?

2 Rétroliens / Pings

  1. Box-Office France du 05/06/2019 au 11/06/2019 -
  2. Box-Office France du 12/06/2019 au 18/06/2019 -

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*