Chair de Poule : Les frissons de l’enfance

Série littéraire anthologique de référence pour tous les enfants des années 90, Chair de Poule a accompagné nos plus belles lectures fantastiques lors de nos jeunes années. Son auteur, R.L. Stine s’est toujours défini comme une sorte de Stephen King pour enfant. Comparatif plutôt juste si l’on en croit l’évolution de nos propres lectures qui ont débuté par ses ouvrages pour découler lentement, mais sûrement, vers des auteurs à la plume plus acérée et viscérale comme Stephen King susmentionné ou encore Clive Barker. Fort de sa renommée, la collection Chair de Poule avait eu droit à sa série télévisée. Rien de bien extravagant à l’époque où nous étions subjugués par d’autres monuments comme Les Contes de la Crypte, mais il y avait tout de même quelques épisodes qui sortaient du lot. Et c’est presque tout naturellement que Chair de Poule s’est offert les services du grand écran il y a 3 ans. On y fait la connaissance de Zack, jeune adolescent venant d’emménager dans la ville de Madison avec sa maman. Il rencontre son étrange voisin ainsi que sa fille pour laquelle il présente une attirance palpable. Un soir, alors qu’il s’introduit dans la maison de ses voisins, Zack va ouvrir un ouvrage de la série Chair de Poule qui figure dans la bibliothèque familiale et en libérer le méchant retenu prisonnier à l’intérieur. Il découvre que son voisin n’est autre que l’auteur R.L. Stine en personne et que les créatures qu’il invente dans ses œuvres sont belles et bien réelles. C’est ainsi qu’une traque aux monstres quelque peu particulière débute.

S’il y a bien une qualité qu’on ne peut pas enlever à Chair de Poule, le film, c’est d’avoir su capter parfaitement l’essence des écrits de Stine. Rob Letterman construit son film sur une base similaire aux romans de Stine : une longue exposition qui prend le temps d’introduire ses personnages, un élément perturbateur inattendu et surnaturel et une succession ininterrompue de péripéties rocambolesques. Les romans faisaient en moyenne un peu plus d’une centaine de pages. Stine est un adepte des histoires courtes et efficaces. Le format série télé se prêtait bien pour l’adaptation. Mais plutôt que de se focaliser sur une histoire en particulière pour le long-métrage, Letterman décide de nous livrer un melting-pot de tous les meilleurs monstres de la collection littéraire. C’est ainsi que lorsque le film décide de faire rentrer en jeu le surnaturel, nous avons droit à une succession de séquences anthologiques de très bonne facture. Entre la course-poursuite avec le loup-garou dans le supermarché, l’invasion du caniche volant ou encore l’attaque des nains de jardin, Chair de Poule sait distiller efficacement ses actions sans jamais tomber dans le trop plein rébarbatif. On prend un plaisir certain à suivre les aventures de nos héros, on y retrouve l’essence des meilleurs films familiaux de l’époque comme ont pu l’être les Jumanji et autres Monster Squad.

Si l’action est efficace et les personnages clichés, mais nécessaire, on regrettera toutefois des effets spéciaux déjà marqués par le temps. En dépit de son jeune âge (le film n’a que 3 ans rappelons-le), Chair de Poule commence déjà à faire daté. Bien évidemment, le style cartoonesque qui vise à toucher le plus jeune public y est pour beaucoup. Malheureusement, s’il risque de ravir les enfants, le public adulte pourrait sortir du film assez rapidement. Le débordement de CGI se fait cruellement sentir, l’artificiel emboîte bien trop le pas sur l’action. Ce qui est une qualité inhérente au film en devient également son plus grand défaut. Fort heureusement, il reste le cabotinage d’un Jack Black qui s’amuse comme un fou à nous servir ses plus belles mimiques. Les fans de l’acteur seront comblés.

Chair de Poule vient raviver la flamme du jeune enfant qui sommeille en nous. Il va chercher les souvenirs de nos lectures d’antan où nous dévorions les ouvrages bien emmitouflés dans notre couette. Si l’effet nostalgique est bel et bien présent, on regrettera le manque de corps évident qui permettra au film de perdurer dans la mémoire collective d’ici quelques années… n’est pas Jumanji qui veut !

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