The Unthinkable : La claque à laquelle on n’était pas préparés

La découverte de films en festivals a cela de bon qu’on y trouve toujours de belles surprises totalement inattendues. On va voir un film en se disant ‘’mouais, pourquoi pas’’ et on ressort en se mangeant une claque. C’est rare mais c’est tout de même assez fort pour qu’on en parle. C’est le cas avec The Unthinkable dont on n’attendait pas grand-chose, présenté en compétition au 26ème festival de Gérardmer et qui avait déjà eu les honneurs d’une sélection au PIFFF en décembre dernier.

Réalisé par Crazy Pictures, un collectif suédois composé de cinq amis d’enfance s’occupant de toutes les étapes de la fabrication d’un film, The Unthinkable est un premier long-métrage ambitieux et étonnant, réalisé pour un budget dérisoire de 18,5 millions de couronnes suédoises (soit à peine 2 millions d’euros). Un budget qui n’a visiblement pas été gaspillé, chaque centime investi se ressentant tellement à l’écran qu’on se demande si le collectif a payé ses acteurs !

Sous ses airs de film catastrophe banal, The Unthinkable cache une vraie parabole sur la folie de l’homme et son penchant vers la violence menant lentement le monde à sa perte. Le film raconte l’histoire d’Alex, jeune homme à l’enfance difficile qui s’en va retrouver son amour de jeunesse à la suite d’une attaque terroriste à Stockholm. Sur sa route, il recroisera Björn, son père devenu paranoïaque, persuadé que le pays va subir d’autres assauts…

Si l’on peut reprocher au film son héros un peu trop tête à claques pour être complètement attachant et un trop-plein d’ambition égarant parfois le récit dans des intrigues secondaires (à ce titre, on se dit que pour encore mieux traiter leur sujet, Crazy Pictures aurait pu carrément faire une mini-série), force est de reconnaître que The Unthinkable a une forte belle allure ! En effet, ce qu’il n’a pas en subtilité, il le compense en efficacité. Et avec ses grosses montées de tension, son affrontement violent dans un bunker (où le spectre de Lost n’est pas loin) et ses hélicoptères qui s’écrasent dans son final, le film montre qu’il a de la ressource surtout qu’il ne donne pas l’impression d’avoir coûté aussi peu cher.

Spectaculaire et ambitieux (les personnages sont nombreux), The Unthinkable aurait certes mérité un récit un peu plus resserré mais sa générosité et son envie de cinéma embrasent tellement l’écran qu’on lui pardonne volontiers ses quelques excès pour saluer un premier long-métrage de haut vol, à la maîtrise impressionnante. De quoi se jeter sur sa sortie en DVD et Blu-ray le 3 avril prochain chez Wild Side !

3 Rétroliens / Pings

  1. Freaks : Parade Monstrueuse -
  2. Édito - Semaine 14 -
  3. The Unthinkable : rencontre avec Albin Pettersson, Olle Tholen et Christoffer Nordenrot -

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*