Destination Pékin : Un voyage attendu

Entre la sortie vidéo récente du Voyage de Ricky et L’Envol de Ploé qui sort au cinéma, les grands voyages en compagnie de volatiles semblent être un effet de mode. Destination Pékin arrive au milieu de ce morne tableau à la qualité discutable, comme une énième copie déjà vue et revue de ce format. Non, nous ne serons pas sauvés de la production classique par ce périple-ci, qui remplit avant tout un cahier des charges peu exigeant, faute de mieux.

Peng est un jars intrépide, qui fanfaronne devant ses congénères car il est l’un des plus doués pour le vol. L’hiver arrive en Chine et la migration se prépare au sein de la petite troupe, alors que Peng continue de faire le mariole, sans se soucier de l’esprit d’équipe qui doit souder les oies lors du voyage. Bien entendu, le fier-à-bras va vite être puni pour son attitude arrogante. Il finit par se blesser à l’aile, ce qui va l’empêcher de voler et donc de suivre sa communauté qui part sans lui. Il rencontrera dans son malheur Chi et Chao, deux canetons frère et sœur, qui eux aussi ont été séparés de leur groupe. Des liens vont se tisser entre ces compagnons d’infortune qui ne peuvent pas prendre leur envol et doivent emprunter la route à pied.

À partir de là, on suit la recette classique : rencontres avec des personnages loufoques tout en étant poursuivis par un ennemi (Banzou, un chat de Pallas), qui a le mérite d’être plus crédible que la moyenne et qui aurait pu se passer de son gimmick de changement de personnalité soudain, qui sent la facilité d’écriture et le Gollum du pauvre. La cohésion de ce petit groupe improvisé sera donc mise à rude épreuve. Tout se déroule comme prévu, Peng l’individualiste devra apprendre les valeurs du travail en équipe et composer avec les deux petits, qui lui collent aux basques. Chi et surtout Chao souffrent malheureusement d’une caractérisation facile. L’ainée est responsable et autoritaire comme la situation l’exige d’une grande sœur, mais Chao ne brille que par sa bêtise et son côté craintif. Fonction comique de bas étage qui se repose en partie sur son côté mignon tout plein, il enchainera les pets, vomi et autres « blagues », qui prennent nos têtes blondes pour des idiotes. Les différentes rencontres restent anecdotiques, comme ce guérisseur hippie, qui nous rappelle qu’on est en Chine avec son utilisation de l’acupuncture, pour mieux disparaître dans l’oubli 5 minutes après son apparition.

S’il y a pourtant un point positif à retenir de ce Destination Pékin, c’est que l’on n’a justement pas besoin de rappel quant au lieu de l’intrigue. Que ce soient les décors naturels à la végétation colorée, le tout baigné dans une lumière crépusculaire ou encore la Grande Muraille de Chine, les éléments sont présents, pour au moins nous offrir un dépaysement digne de ce nom. La belle carte postale bénéficie du soin des studios Original Force Animation (avec une mention spéciale pour l’eau et les effets qui l’accompagnent) qui ont fourni un travail au-delà de ce que l’on pourrait espérer pour une production si peu ambitieuse. On déplore alors que l’écriture ne soit pas au niveau, ce contraste dévoile d’autant plus le potentiel gaspillé de l’œuvre.

Destination Pékin s’avère être générique à cause de son écriture paresseuse, le voyage permettant d’enchaîner plus facilement les saynètes et les blagues sans profondeur qu’avec d’autres modèles. Les ingrédients étaient pourtant réunis pour nous fournir autre chose que la soupe habituelle. Un beau gâchis !

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