Darkest Minds – Rebellion : Construction classique d’un univers ambitieux

Darkest Minds est un film réalisé par Jennifer Yuh Nelson et mettant en scène en majorité de jeunes acteurs encore méconnus comme Amanda Stenberg, Harris Dickinson, Skylan Brooks ou Patrick Gibson mais signe aussi le retour de certaines personnalités sur grand écran comme Mandy Moore ou Sammi Rotibi, mais également cette chère Gwendoline Christie. Ce film se présente sur de nombreux aspects comme une future saga pour ado dans la lignée de Hunger Games, Divergente ou Le Labyrinthe. Déjà dans la présence d’un casting majoritairement adolescent chez les héros de l’histoire, mais aussi dans les thématiques qu’il aborde. On nous présente une société où les enfants acquièrent très tôt des pouvoirs télékinesiques puissants qu’ils ne peuvent parfois même pas contenir en eux. Ils sont alors envoyés dans des centres où ils seront chacun categorisés par un code couleur selon leur niveau de dangerosité. Vert étant le niveau le plus faible et concernant des enfants possédant simplement des capacités intellectuelles plus développées, pour arriver jusqu’à rouge pour les enfants possédant littéralement la force. En passant evidemment par la couleur bleu pour ceux maîtrisant l’électricité tels les plus grands maîtres sith.

On va amorcer d’entrée de jeu par les points négatifs de ce film. Malgré un univers intrigant et un cadre bien construit, Darkest Minds arrive bien après la multitude de films traitant de super-héros (ou personnes possédant des super pouvoirs), encore et toujours. Bien qu’il propose un format différent de ce que nous avons l’habitude de voir, à mi-chemin entre X-Men et Le Labyrinthe, ces derniers ont déjà à plusieurs reprises exploré les thèmes abordés dans ce film. L’extermination de super héros, la catégorisation de ces derniers pour les classer en prison selon leurs aptitudes, un rejet et un déni d’une population entière, etc… Le premier ressenti est celui d’être face à du vu et revu. Ce que nous raconte le film n’est pas nouveau bien sûr, mais ce n’est pas une fin en soit. C’est surtout dans sa structure que cela devient plus dérangeant.

Ce sentiment n’est pas atténué par la mise en scène. Références ou plagiat, le film est bourré de séquences rappelant directement d’autres très grosses sagas comme Star Wars avec l’équivalent de la fameuse scène « ce ne sont pas les robots que vous recherchez », mais aussi Harry Potter ou X-Men. Certes beaucoup de thèmes et de sujets y sont similaires, mais certaines scènes sont construites de la même manière quasiment au cadrage près. De plus, beaucoup d’axes narratifs se ressemblent, creusant un véritable gouffre de suspense. Plusieurs personnages sont tout bonnement ultra prévisibles, en particulier chez les antagonistes qui nuisent grandement à la tentative de retournement de situation ou de mystères. La plupart des personnages sont extrêmement basiques. Ils n’ont pas de véritables profondeurs dans la mesure où ils répondent à des attentes très précises. Une poignée d’entre eux, dont l’un des protagonistes principaux, est plus nuancé et permet à l’histoire d’accéder à une maturité que l’on attendait plus.

Dans le fond tout cela n’est pas vraiment dramatique dans la mesure où le scénario s’appuie sur tout un tas d’éléments prévisibles car habituels, mais qui ont prouvé leur efficacité. Beaucoup d’inspiration se ressent dans Darkest Minds, et à défaut de forger son identité, cela permet au moins d’imposer son efficacité. Tout le schéma narratif du film est extrêmement classique, ce qui le rend prévisible, mais pas mauvais pour autant. Il y a une réelle profondeur dans cette histoire avec une fin douce amère, bien moins enfantine que nombreuses des teenages sagas populaires du moment. Bien qu’ils ne possèdent pas une grosse profondeur, les personnages sont crédibles et possèdent une véritable humanité. Et malgré des antagonistes que l’on voit venir à des kilomètres, la mise en scène tente des petits artifices, de l’ordre du détail, qui offrent une seconde lecture qui fonctionnerait si la première n’était pas aussi simple à interpréter.

Ce que l’on retiendra de ce long métrage est un divertissement à savourer sans modération. On pourra aisément rester sur sa fin, mais c’est une très belle performance pour le premier film live de la sud-coréenne qui abandonne son gros panda Po au profit d’une héroïne très convaincante. On notera d’ailleurs une certaine similarité dans la construction du récit de Darkest Minds avec les épisodes de Kung Fu Panda. Quelques petites erreurs de justesse, mais une finalité fort appréciable avec une possibilité de suite qui attisera notre curiosité et notre intérêt pour cet univers.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


WordPress spam bloqué par CleanTalk.