Détective Dee – la légende des rois célestes : spectacle généreux mais foutraque

Visiblement décidé à ne pas lâcher son Détective Dee qu’il a mis en scène pour la première fois en 2010, Tsui Hark offre au fameux enquêteur chinois un troisième opus. Intitulé La légende des rois célestes, le film se déroule après les événements du deuxième film. Dee est reconnu par l’empereur qui lui a offert une arme très précieuse. L’impératrice, se méfiant de Dee, souhaite récupérer l’arme mais celle-ci est également convoité par un clan de conspirateurs masqués, usant de l’art de l’illusion et de la magie pour plonger la Chine dans le chaos et faire tomber l’empereur…

Ne vous attardez pas trop sur l’intrigue, celle-ci finira par devenir de plus en plus confuse à mesure que le récit avance. Là où Tsui Hark entretenait un habile mystère doublé d’un savoureux mélange des genres dans le premier film, il semble de moins en moins tenir au scénario, celui-ci devenant au final un prétexte pour se plonger dans la Chine du VIIème siècle et ses mystères nébuleux. Certes on saluera la bonne volonté du réalisateur, décidé à nous offrir des scènes de plus en plus spectaculaires où il témoigne d’un véritable sens de la mise en scène et d’une rare compréhension de l’utilisation de la 3D. À l’heure actuelle, Hark est l’un des seuls à véritablement changer la donne quand il tourne en 3D, misant énormément sur la profondeur de champ avec un talent évident.

Le problème c’est qu’en dehors du sens de la mise en scène indéniable de Tsui Hark, La légende des rois célestes ne propose rien d’autre qu’un spectacle divertissant mais sacrément décousu. Embrassant un côté de plus en plus proche du serial, le film oublie l’essentiel : c’est un film centré sur Détective Dee et qui mérite donc une enquête à la hauteur de ses talents. Il n’en sera rien ici, le scénario prenant un malin plaisir à mélanger les idées jusqu’à l’indigestion. Pire encore, Dee lui-même ne sera jamais totalement au cœur de l’action. Pendant une bonne partie du film, notre héros est relégué à l’arrière-plan tandis que des rôles secondaires parfois balourds prennent le relais.

S’il s’ingénie à nous en mettre plein les yeux (malgré quelques effets numériques un peu laids) avec une virtuosité assez inédite et une générosité communicative, Tsui Hark n’a malheureusement pas toutes les armes en main pour livrer un film réussi. Se lançant dans son entreprise sans avoir pris le temps de boucler son scénario (qui devient peu à peu un bordel sans nom), Hark saborde alors son propre film, nous livrant un spectacle impressionnant mais sans jamais donner l’impression qu’il y a une véritable intrigue derrière si ce n’est une vague histoire de conspiration capable de justifier des délires visuels fort distrayants mais vite désincarnés.

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