American Nightmare : Concept fort pour film loupé

Depuis qu’il a laissé passer Le Projet Blair Witch entre ses mains, Jason Blum a retenu la leçon et décidé de produire tous les concepts alléchants qui se présentent à lui. Dans le catalogue de ses productions, le point de départ d’American Nightmare est certainement le plus excitant, sorti de l’imagination du scénariste et réalisateur James DeMonaco. Nous sommes donc en Amérique dans un futur proche. Le pays est désormais gouverné par les Nouveaux Pères Fondateurs qui ont mis en place un système implacable joliment appelé ‘’La Purge’’. En effet, si dans ce futur proche, le taux de criminalité est de zéro pendant 364 jours, c’est parce que tous les ans, pendant une nuit, tous les citoyens ont l’autorisation de commettre tous les crimes qu’ils veulent en toute impunité. L’occasion de régler ses comptes avec son voisin, l’amant de sa femme ou tout simplement de s’adonner à de la violence gratuite.

De cette idée géniale, que l’on aurait vraiment aimé voir entre les mains d’un cinéaste tel que John Carpenter, James DeMonaco tire malheureusement un film sérieusement loupé. Le point de départ du récit est pourtant intéressant. On y voit James Sandin (Ethan Hawke, que l’on a toujours plaisir à retrouver), un riche entrepreneur qui gagne sa vie en vendant du matériel de protection contre la Purge et sa petite famille assaillie chez eux le soir de la Purge car leur fils a eu la bonne idée de laisser rentrer un SDF pour le protéger de ses assaillants. Ceux-ci, frustrés de n’avoir pu donner libre cours à leur violence, comptent bien récupérer leur proie…

Pitch prometteur, huis-clos oppressant, James DeMonaco avait vraiment tout pour nous livrer un film tendu et violent. Malheureusement, American Nightmare ne tient jamais ses promesses et si la critique contre l’Amérique, creusant sans cesse le fossé entre les riches et les pauvres, est acerbe, elle est assenée avec une balourdise assez aberrante. En témoigne l’écriture des personnages, dont la caractérisation est limitée et qui n’offrent jamais un vrai point d’ancrage émotionnel au spectateur qui se moque totalement du sort de la famille Sandin tant ils sont d’une bêtise incroyable. La preuve, c’est que c’est pour le père, pourtant un type suffisant et égoïste, que l’on éprouve le plus d’empathie.

En dépit de la prestation d’Ethan Hawke et d’une scène d’affrontement dans une salle de billard plutôt bien menée, American Nightmare déçoit donc sur toute la ligne, transformant une idée géniale en film totalement plat manquant cruellement de tension. DeMonaco ne manque pourtant pas d’idées, en témoigne sa fin plutôt maline. Mais la restriction du film à son décor quasi-unique nuit à la force du concept initial et DeMonaco comprendra bien rapidement son erreur puisque les suites se déroulent sur une plus grande échelle et comportent beaucoup plus de rage, assumant pleinement la violence et l’aspect série B de son concept.

2 Rétroliens / Pings

  1. American Nightmare 4 - Les Origines : Il faut bien un début à tout ! -
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