The Florida Project : Where The Sun Shines

Sorti discrètement en salles le 20 décembre dernier, auréolé d’un joli petit parcours en festival et de plusieurs nominations aux cérémonies américaines de ce début d’année pour Willem Dafoe, The Florida Project se redécouvre aujourd’hui via une sortie en Blu-ray et DVD.

Édité par Le Pacte et sorti aujourd’hui, The Florida Project permet à Sean Baker de poursuivre son exploration de l’Amérique des laissés pour compte. Après les transsexuels de Tangerine, le cinéaste filme les motels miteux de Floride non loin du parc Disney. Tout est ensoleillé, coloré et si le royaume magique n’est pas loin, la magie semble avoir délaissé le motel du Magic Castle où la jeune Moonee passe son temps à traîner avec ses amis. Des journées passées à enchaîner les bêtises avec une malice contagieuse et qui agace plus Bobby, manager du motel, que Halley, la mère de Moonee. Une mère attachée à sa fille mais qui peine à joindre les deux bouts, assumant sans problème les magouilles qu’elle fait pour survivre tout en y entraînant Moonee. Dans ce royaume désolé, Moonee reste insouciante mais la réalité pourrait bien la rattraper à mesure que Halley multiplie les dérapages…

Filmé avec tendresse et énergie à hauteur d’enfants, The Florida Project dégage une véritable âme et une sacrée volonté de cinéma avec l’envie de s’attarder sur des personnages comme on en voit rarement, authentiques et sans forcément avoir de parcours psychologique prédéfini. Rien n’obéit ici aux standings hollywoodiens de la narration : si l’on excepte Willem Dafoe et quelques seconds rôles du cinéma indépendant américain (Caleb Landry Jones, Macon Blair), il n’y a pas de tête d’affiche (Sean Baker a découvert Bria Vinaite, l’actrice qui joue Halley sur Instagram) et le récit ne suit pas de lignes prédéfinies. Au bout du film, il n’y a pas de grande révélation, de changements de psychologie majeurs. Au contraire, Baker préfère capter des instants de vie, de ceux que le cinéma américain a trop tendance à oublier. Et pourtant nombreuses sont les personnes comme Moonee et Halley. A travers cette espèce de conte coloré et désabusé, Baker entend rétablir une sorte de justice et tâche de filmer les choses telles qu’elles sont.

C’est parfois la limite du film qui n’est pas sans compter quelques longueurs à mesure que le personnage d’Halley cumule les ennuis. Forte en gueule, provocatrice et vulgaire, Halley n’entend laisser personne lui dicter sa conduite mais sa ténacité et son incapacité à voir au-delà d’elle-même finit par agacer. Malgré cela, on ne peut que reconnaître l’originalité du point de vue que propose Sean Baker, révélant deux actrices rafraîchissantes (Brooklyn Kimberly Pierce et Bria Vinaite) tandis que Willem Dafoe, embarqué dans le projet dans le rôle de Bobby, dégage une véritable compassion en manager mi-agacé mi-touché par les situations qu’il rencontre chaque jour. Il incarne un peu notre repère, notre équilibre dans cet univers que l’on apprend à connaître et qui dégage une belle énergie, seulement tempérée par les petites errances du récit..

 

 

 

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