The Strangers : On n’est jamais aussi bien que chez soi

Dans les genres du thriller et de l’horreur, le home invasion a toujours titillé l’imagination des réalisateurs, y voyant là l’occasion de saisir d’effroi le spectateur. Des Chiens de paille en passant à Funny Games ou encore Ils, rien de tel que de montrer des personnages attaqués dans leur propre maison, c’est-à-dire le lieu le plus susceptible de les protéger, afin de choquer et de montrer que la violence s’insinue partout. Une leçon qu’a bien retenue Bryan Bertino, réalisateur de The Strangers, qui signait là son premier film, sacrément angoissant.

The Strangers (à ne pas confondre avec le film sud-coréen sorti en 2016) fonctionne effroyablement bien parce qu’il repose sur une base simple : un couple, une maison isolée dans la nuit, trois inconnus masqués qui rôdent et qui se montrent aussi inquiétants qu’agressifs. En peu de temps, Bertino installe l’ambiance. Kristen et James reviennent d’un mariage où Kristen a refusé la demande de James. On sent déjà le malaise. Et voilà qu’une inconnue frappe à la porte. C’est le début du cauchemar. Sans jamais chercher à faire dans le spectaculaire ou la surenchère, Bertino sait ménager ses effets et rester minimaliste dans l’effroi. Le film est d’ailleurs tellement minimaliste qu’on se sentira frustrés par la fin glaçante et implacable où aucun des agresseurs n’aura révélé son visage et ses motivations.

Distillant le malaise rapidement, The Strangers prend son temps avant d’amener la violence. Loin d’un American Nightmare qui ne savait pas user le potentiel et la force de son propos, le film se montre ici totalement implacable et affreusement minimaliste. On saluera la puissance de la mise en scène de Bertino qui fait une utilisation particulièrement glaçante de l’arrière-plan dans lequel surgissent et disparaissent les silhouettes des agresseurs, jouant au chat et à la souris avec leurs victimes avant de s’en prendre à elles. Sans cesse, on guette les recoins, les endroits obscurs des plans, tentant d’anticiper les frissons. La puissance de la mise en scène est telle qu’on pardonne facilement au film ses défauts, notamment dans la bêtise de ses personnages (qui vont chercher des clopes à 4h du matin et qui sortent de leur voiture quand ils découvrent que les agresseurs en ont une, ne cherchant pas à s’enfuir plus que ça).

Il faut en tout cas reconnaître à Bryan Bertino sa capacité à diriger les acteurs car l’on n’avait jamais vu Scott Speedman aussi bon (c’était pas gagné) même s’il ne peut empêcher Liv Tyler de minauder un peu. Véritable moment d’angoisse (le film donne envie de vendre sa maison de campagne pour ne plus jamais s’y rendre), The Strangers sait distiller l’effroi chez le spectateur sans jamais donner l’impression d’en faire trop, faisant preuve d’une retenue dans la mise en scène qui devrait inspirer plus d’un cinéaste actuel. Espérons que la suite tardive, The Strangers : Prey at night, renouvelle l’effort.

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  1. Strangers - Prey At Night : Silent Night, Deadly Night. -

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