Dunkerque : Nolan on the beach

Sorti cet été au cinéma, Dunkerque, le dernier film de Christopher Nolan n’a pas tardé à continuer à faire parler ses ardents défenseurs et ses fervents détracteurs. Sa sortie en 4K Ultra-HD, Blu-ray et DVD le 18 décembre dernier chez Warner nous donne l’occasion de revenir sur le film, terriblement prenant et qui continue encore à faire parler de lui rien qu’au sein de notre rédaction.

Cinéaste audacieux, Christopher Nolan a toujours aimé se frotter aux genres. Après le très impressionnant Interstellar, le réalisateur se lance donc dans le film de guerre, mais à sa façon, tachant de marquer le genre de sa patte. Il n’y parvient pas forcément à tous les niveaux, mais livre un film ambitieux qui, paradoxalement, se montre moins pompeux que certains de ses précédents longs-métrages (comme l’étaient par exemple Interstellar et Inception). En décidant de resserrer l’action du film ainsi que sa durée (1h47, un film court pour un Nolan), il affiche son intention de frapper fort et ce dès le début du récit en annonçant trois lieux et trois temporalités qui se mélangeront durant tout le restant du film. Se concentrant sur la bataille de Dunkerque et surtout sa débâcle, Nolan offre trois lieux d’immersion : la jetée, la mer et le ciel. Chacun de ses lieux évoluera suivant sa temporalité et sa durée (une semaine pour la jetée, une journée pour la mer, une heure pour le ciel) et permettra de donner un aperçu immersif de ce que fut cette rude retraite anglaise, décisive dans le tournant de la seconde guerre mondiale.

Film choral prenant ses personnages avec une certaine distance, Dunkerque ne manque cependant pas d’émotion. Car Nolan, s’il décide de ne pas trop nous mettre en empathie avec les personnages, colle tout de même très près d’eux et ce suffisamment pour qu’on se passionne à leur destin. Laissant apercevoir l’héroïsme et la peur de ses personnages (en se reposant parfois sur les visages bourrés de charisme de Mark Rylance, de Kenneth Branagh ou même le regard de Tom Hardy), il nous plonge dans le même calvaire qu’eux avec une mise en scène totalement immersive. Ressemblant à une défaite pour les anglais, la bataille de Dunkerque met donc en scène des soldats apeurés, désespérés. Rassemblant un casting de jeunes talents (parmi lesquels Harry Styles qui s’avère étonnamment convaincant mais aussi Fionn Whitehead) et de vieux briscards dont certains habitués du cinéaste (Tom Hardy et Cillian Murphy), Christopher Nolan met en place un film à la tension permanente où le jeu des temporalités finit même par s’effacer devant la virtuosité de la mise en scène qui ne relâche jamais la pression. Des combats aériens aux bateaux qui coulent, Dunkerque déploie une mise en scène vertigineuse et souvent très belle, accompagnée par de belles idées (on ne voit jamais vraiment l’ennemi) ainsi que par la partition nerveuse mais un brin agaçante de Hans Zimmer en mode repeat.

En dépit d’une sacrée ampleur de mise en scène (amoureux des effets pratiques, Nolan a tenu à tourner le plus possible sur l’eau et dans les airs) et de beaux moments dramatiques, Dunkerque peine parfois à se montrer à la hauteur. La faute à des situations et des détails un peu futiles (le personnage de Barry Keoghan n’apporte quasiment rien malgré ce que le film tente d’en faire) et quelques scènes répétitives mais qui témoignent malgré tout du talent d’un cinéaste décidé à ne jamais rien lâcher et à continuer à montrer son audace. Avec toujours autant de succès…

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