Man of Steel : Snyder V Nolan

Les comics et les super-héros ont fait du chemin depuis leurs naissances jusqu’à aujourd’hui. Avec la sortie prochaine de Justice League, revisitons le plus grand super-héros de la mythologie moderne et particulièrement le film de 2013 dédié à son histoire, Man of Steel. Suite au succès de la trilogie The Dark Knight de Christopher Nolan, la Warner Bros a l’idée de relancer la machine Superman en dépit de la maigre popularité du dernier film en date par Bryan Singer, Superman Returns en 2006. Ce dernier faisant déjà écho au Batman Begins de 2005. Depuis lors, Superman était condamné à rester dans l’ombre de Batman.

En Occident, peu ou presque ignorent l’histoire de l’homme d’acier, amateur de comics ou non. Superman ou Clark Kent sur Terre ou Kal-El de son vrai nom reçu sur sa planète d’origine, est le dernier fils de Krypton. Il a été envoyé sur Terre par ses véritables parents afin de le sauver de la destruction de Krypton. Il a alors grandi sur Terre élevé par Jonathan et Martha Kent. Sa particularité est que ses cellules se nourrissent des radiations émises par notre soleil qui font de Superman, un sur-homme.

Jonathan Kent et son fils, Clark Kent

Superman est un modèle à suivre, il doit être parfait pour guider les humains vers le salut. Comparé à un Batman dans la zone d’ombre entre le Bien et le Mal, Superman se doit d’être dans la lumière. Dans Man of Steel, c’est une chose que s’est efforcée de montrer Zack Snyder, la manière dont Superman passe de la morale grise au blanc immaculé. Il s’agit sans doute de la plus grande critique faite à l’égard de Man of Steel, Superman n’est pas le vrai Superman, mise en évidence par la mort de Zod – et la mort des personnes ordinaires pendant la destruction de Metropolis. Mais on peut aussi le voir à travers les nombreux flashbacks de cette narration décousue. Le discours de Jonathan Kent à son fils après qu’il ait sauvé ses camarades tout comme le règlement de compte après la confrontation dans le bar. Nolan (producteur et à l’origine de l’histoire du film), David S. Goyer et Zack Snyder ont cherché à nuancer un des personnages de fiction le moins approprié à nuancer moralement. Du moins, de manière si radicale, avec des morts dans la balance. C’est la raison pour laquelle on s’est retrouvé plus tard avec un Batman V Superman dans lequel Batman fait la morale à Superman pour ses actions dans Man of Steel. Alors que Superman est un héros avec une vision beaucoup plus radicale des choses. Pour illustrer le propos on peut prendre l’épisode de la série animée Justice League, « Un monde meilleur » où l’on découvre un monde parallèle dans lequel Superman abandonne ses valeurs et tue Lex Luthor, ainsi les membres de la ligue des justiciers finissent par devenir les seigneurs de la justice. L’épisode nous montre un Superman qui ne se poserait plus de limites.

L’association de Snyder et Nolan a créé un film très inégal. La vision de Nolan est très portée sur la psychologie des personnages et sur le symbolisme. En résultent des dialogues ou des scènes un peu trop lourdes et un peu trop remplies de sens. Comme exemple, on pourra se référer aux morts de Jonathan Kent ou de Lara Lor-Van, mère de Kal-El. Le grand défaut d’un Christopher Nolan qui a beaucoup de mal à faire passer ses messages purement par les émotions dans ses films. Tandis que la vision de Snyder met l’accent sur l’action décomplexée, une vision peut-être un peu plus simpliste, mais moins rigide. On a déjà vu ce dont était capable Zack Snyder avec les films adaptés de comics, en témoigne le sombre Watchmen. Alors on devrait se dire, la lourdeur de Nolan, la légèreté de Snyder, normalement le film aurait dû être dans le juste milieu. Mais c’est là où le bas blesse, Man of Steel ne donne pas l’impression d’être une réelle collaboration mais plus un résultat patchwork du travail et des idées de Snyder et Nolan sans oublier David S.Goyer, scénariste de la trilogie The Dark Knight, Man of Steel et Batman V Superman.

Man of Steel possède une distribution bien remplie. Russel Crowe, Kevin Costner ou encore Laurence Fishburne n’étaient plus à présenter et sont parfaits dans leurs rôles respectifs. Michael Shannon nous livre un Zod « too much » mais qui sait rester menaçant et plus agressif que sa version de Superman 2 incarnée par Terence Stamp. Henry Cavill, qui avait déjà fait ses preuves avec la série Les Tudors sans pour autant faire parler de lui d’avantage crée la surprise et est parfait pour le rôle de Superman, un comble d’incarner Superman pour un acteur britannique. Amy Adams est convaincante en Lois Lane, même si le personnage est plus que sous-exploité et parmi les autres actrices pressenties pour le rôle certaines auraient été tout aussi convaincantes voire plus.

Poster Man of Steel créé par Ken Taylor

Fidèle de Christopher Nolan, à la musique nous retrouvons Hans Zimmer. Ici, il avait déjà un penchant pour les musiques grandioses et impactantes. Mais il nous offre une bande originale manquant de finesse dans son ensemble mises à part les scènes d’enfance de Clark.

Man of Steel a divisé le public et les fans de Superman. Avec l’orientation morale qu’ils donnent à Superman et les nombreuses incohérences et facilités scénaristiques. Après une trilogie The Dark Knight épique, le public s’attendait à la même chose pour Superman. Certains ont pensé que Nolan était porteur des défauts qu’ils reprochaient au film. D’autres ont pensé que Snyder était responsable de ce qu’ils jugeaient décevant dans le film. De ce fait, chaque spectateur est susceptible d’apprécier ou de détester Man of Steel, suivant ce qu’il voit. À chacun de se faire son opinion avant la sortie de Justice League en redécouvrant Man of Steel, Batman V Superman, Wonder Woman et… Suicide Squad. Comme quoi, Man of Steel n’est peut-être pas le plus mauvais film du DC Universe.

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